Je respire dans une illusion de liberté tout en laissant la beauté de la vie créer ma route en fonction de ce qu'elle m'offre, me donnant le nécessaire afin de construire ce que je souhaite. Sans croyance, l'homme ne peut prétendre survivre. Il est obligé de croire en quelque chose, rationnel ou irrationnel, comme une méthodologie pour aller vers une vérité, ou croire en un dieu pour s'émerveiller. Alors, je m'accorde une illusion de liberté en croyant à la réussite de mes rêves, tout comme chacun est libre de croire en ce qu'il souhaite. Je préfère croire en une éthique et une morale plutôt que de laisser une société corrompre ce que je pense être juste.
Est-ce juste de détruire pour quelques intérêts économiques ? Ou est-ce juste de ne faire de mal à personne, sans entraver la liberté d'autrui ? Le juste n'est influencé que par ce en quoi on croit et par l'importance qu'on lui accorde. Je ne te dirai pas que tu as tort, je dirai que mes valeurs visent à ne pas interférer ni culpabiliser qui que ce soit. Imparfait que je sois, j'essaie de m'améliorer pour ne plus être ce que je reproche aux autres, ou ce que je te reproche. Je ne peux pas définir avec exactitude ce que j'éprouve ; je cherche juste à redevenir humain.
Comme la théorie du chaos démontre que le chaos mène à la stabilité, je crois que ce chaos intérieur mènera à la stabilité. Je sais que je n'ai pas toujours été parfait, mais j'ai compris que l'important n'est pas de se concentrer sur le fait d'avoir mal fait quelque chose. Ce qui compte, c'est l'intention qu'on avait de bien faire. Alors, j'ai laissé un peu de bonté envers moi-même m'envahir et j'ai partagé un peu de sagesse. Je sais que je suis loin d'être seul, alors j'ose espérer que ces mots te parleront. Que ces mots offriront un second souffle dans une période de détresse.
J'ai aspiré à un monde meilleur, mais meilleur pour qui ? Pour moi ? Pour toi ? Pour nous ? Finalement, cette aspiration ne devrait-elle pas être commune à tous ? Quelle norme morale ou quelles valeurs avons-nous en commun avant de prétendre égoïstement que moi seul peux changer les choses selon ma vision ? Le monde est un ensemble de visions et de croyances, et chacune mérite d'être écoutée. Je préfère protéger mon cœur en croyant encore que tout le monde vise le bien, même si chacun ne sait pas toujours comment l'atteindre. Je pense que nous n'avons pas toujours la bonne façon de faire, mais que nous devons apprendre ensemble à faire ce qui est juste.
Je préfère croire en une utopie, en me donnant l'objectif de l'atteindre, plutôt que de laisser s'éteindre la flamme de l'espoir. Si l'instinct de survie nous pousse à croire, alors pourquoi ne pas y croire ? Finalement, qu'est-ce que je peux perdre ? On ne réussit rien sans avoir eu l'espoir de réussir ou sans avoir cru en une potentielle réussite. Alors, laisse-moi m'accrocher. Et je veux que tu t'accroches aussi. Je sais à quel point c'est difficile, mais il faut toujours s'accrocher. Ton cœur le veut, ton entourage le veut, et ton instinct de survie t'en donnera les moyens. Ne lâche rien ! Va jusqu'au bout. S'il te plaît, ne lâche pas ! Ne lâche pas, comme tu n'as pas lâché le cordon ombilical de ta mère pour survivre dans son ventre pendant neuf mois.
Admire cette beauté que la vie t'a offerte pour te permettre de survivre et de naître dans ce monde. Certes, nous n'avons pas toujours honoré cette beauté, nos morales ayant été corrompues par une forte croyance en un modèle économique censé nous faire prospérer. Nous avons perdu ce qui faisait de nous des humains, mais rien ne nous empêche de revenir à la source, à la compréhension de notre être. Aussi difficile que cela puisse être, dans un monde où l'imagination est infinie, les possibilités sont infinies. C'est à nous d'y croire, à toi d'y croire.
Comme je te l'ai dit, notre survie dépend de ce en quoi nous croyons, et surtout des moyens que nous mettons en œuvre pour espérer atteindre cet idéal. Même si notre libre arbitre est cadenassé, sens-toi libre d'aimer, libre d'écouter ce qui te semble juste. Reviens à toi, reviens à nous, comme tu étais : ce garçon ou cette fille merveilleux(se) qui rêvait sans barrière et qui aurait refait le monde à coups d'imagination. Tout n'est pas perdu tant que tu vis et que tu vivras encore.
Viens, que l'on puisse s'accompagner dans cette aventure. Nous avons notre place. Sens-toi libre d'être ce que tu veux être. Sois libre de rester humain, car on ne peut nier ce que nous sommes.

