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        <title>mages universels</title>
        <link>https://paragraph.com/@mages-universels</link>
        <description>Writer for over 20 years... and that's it... mainly in french, sometimes in spanish... almost never in english...</description>
        <lastBuildDate>Mon, 27 Jul 2026 00:36:52 GMT</lastBuildDate>
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            <title>mages universels</title>
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            <link>https://paragraph.com/@mages-universels</link>
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        <copyright>All rights reserved</copyright>
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            <title><![CDATA[Ma bourrique au trot: la raison du silence #4]]></title>
            <link>https://paragraph.com/@mages-universels/ma-bourrique-au-trot-la-raison-du-silence-4</link>
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            <pubDate>Tue, 25 Jan 2022 11:04:36 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[Respirons un bon coup : nous sommes nombreux à penser que c’est là ce que nous savons faire de pire, et je sais que nous sommes de plus en plus nombreux à en être conscients, de moins en moins en silencieux . Et nous tarderons pas à nous retrouver, nous détourner de ce monde-ci pour en redessiner un autre, plus conforme aux quêtes profondes de grandeur, d&apos;honneur et de civilisation qui ont tenu l&apos;humanité debout si longtemps. Et justement, on est parti sur la route, toi et moi bourr...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Respirons un bon coup : nous sommes nombreux à penser que c’est là ce que nous savons faire de pire, et je sais que nous sommes de plus en plus nombreux à en être conscients, de moins en moins en silencieux .</p><p>Et nous tarderons pas à nous retrouver, nous détourner de ce monde-ci pour en redessiner un autre, plus conforme aux quêtes profondes de grandeur, d&apos;honneur et de civilisation qui ont tenu l&apos;humanité debout si longtemps.</p><p>Et justement, on est parti sur la route, toi et moi bourricot, dans le but de respirer un bon coup : on ralentit son pas et on observe calmement le monde qu&apos;ensemble on a décidé de construire. On a pas inventé grand chose, malgré les années, les budgets et la propagande médiatique.</p><p>En fait, on a juste fait un détour de trois cents ans : trois cents ans, bourrique, passés à dire « <strong>non »</strong> avec un fanatisme matérialiste féroce aux savoirs d&apos;autrefois pour aujourd&apos;hui leur donner raison. Trois cent ans, bourrique, passés à piller les ressources de cette croûte terrestre et à s&apos;aduler le nombril.</p><p>Mathématiquement, Higgs, en tant que champ énergétique unifié, éternel car de tout temps, énergie pure d&apos;où procède toute chose et à l&apos;intérieur duquel l&apos;information voyage plus vite que la vitesse de la lumière -simultanéité- nous rapproche cruellement de la définition d&apos;un dieu qu&apos;on a pourtant eu bien du mal à tuer... Soit...</p><p>Pendant de bien nombreux longtemps, j’ai cru assez volontiers que la distance la plus courte entre deux points était la ligne droite : axiome de base en géométrie plane. Et puis la physique moderne nous apprend l’existence de trous de vers; du coup, on nous demande de croire que la distance la plus courte entre deux points, c’est de froisser, de plier la page. Soit encore...</p><p>Pendant de bien nombreux longtemps encore, j’ai cru sans peine que 2+2=4. Et que cette proposition serait valable en tout temps. Et puis l’incomplétude de Gödel est venu discréditer tout ça. Depuis les travaux sur l’Infini au XIXème siècle, les mathématiques ont plus rien de pur et il existe bien une dimension où 2+2 égalera jamais qu’une probabilité de 4. A cela s’ajoute un problème de philosophie contenu dans le signe « égal » : deux choses sont égales si, et seulement si, elles sont interchangeables… Dans la mesure où il existe rien d’absolument identique, 2+2 égale 4 que plus ou moins… Les Égyptiens l’avaient compris. Soit toujours...</p><p>Pendant de nombreux longtemps, j’ai cru volontiers aussi qu’un atome se représentait comme un système solaire, en tout petit. Et aujourd’hui j’apprends à croire qu’il s’agit d’un bout de ficelle énergétique, qui devient par la force de sa vibration un ensemble de quarks et de particules, révélant sa vitesse qu’à condition d’occulter sa position et vice-versa… La matière sait se comporter comme une longueur d’onde ou comme un amas de particules, ça dépend d&apos;un observateur... ça pourrait même dépendre des humeurs d&apos;un observateur... Enfermé dans une boîte, un chat est à la fois mort et vivant, tant qu’aucun observateur ouvrira la boîte. Soit et re-soit...</p><p>Et on s&apos;intéresse ici qu&apos;à l&apos;étape la plus terre-à-terre de notre existence : ce qu&apos;on touche, ce qu&apos;on voit... Et après tous ces siècles et ces universités et ces prix Nobel en toutes disciplines, on est pas encore d&apos;accord sur le fondement de ce monde... C&apos;est pas gagné, du coup, pour les questions un peu moins concrètes... Mais enfin...</p><p>Au fond, chaque époque a toujours disposé exactement de ce dont elle a eu besoin, au moment où elle en a eu besoin jusqu&apos;au jour où l&apos;une d&apos;entre elle a commencé à se fourvoyer, à s&apos;éloigner d&apos;elle-même, à déplacer ses propres valeurs: ses références culturelles, pratiques, symboliques et sacrificielles et tout le reste des patati et des patata que les endiplômés de la rhétorique pirate nous servent en boucle en fonction de leurs urgences...</p><p>JJSC</p>]]></content:encoded>
            <author>mages-universels@newsletter.paragraph.com (mages universels)</author>
        </item>
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            <title><![CDATA[Ma bourrique au trot: la raison du silence #3]]></title>
            <link>https://paragraph.com/@mages-universels/ma-bourrique-au-trot-la-raison-du-silence-3</link>
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            <pubDate>Wed, 19 Jan 2022 14:42:55 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[Prenons le temps de respirer un bon coup : et rappelons-nous avec humilité qu&apos;à la base, l’ensemble des cellules qui composent l&apos;ensemble de la vie appellent au changement... C&apos;est là toute la subtilité du propos. L’esprit appelle au changement, la vie appelle au changement, nos ambitions appellent au changement, l’univers appelle au changement… Et pourtant nous cloisonnons inévitablement nos imaginations dans des habitudes que l’on s’évertue à recopier de lendemain en lendemai...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Prenons le temps de respirer un bon coup : et rappelons-nous avec humilité qu&apos;à la base, l’ensemble des cellules qui composent l&apos;ensemble de la vie appellent au changement... C&apos;est là toute la subtilité du propos.</p><p>L’esprit appelle au changement, la vie appelle au changement, nos ambitions appellent au changement, l’univers appelle au changement… Et pourtant nous cloisonnons inévitablement nos imaginations dans des habitudes que l’on s’évertue à recopier de lendemain en lendemain, à répétition.</p><p>Respirons donc un bon coup : ça va de toute façon pas tarder à déraper : alors profitons de démarrer lentement. D&apos;autant qu&apos;à tout moment on peut sans autre reprendre sa vie d’avant, celle qu&apos;on s&apos;organise si bien du matin au soir, en suivant les toujours mêmes schémas ; ou alors on peut décider, ici et maintenant, de sortir de ce monde, de ce temps, de leur frénésie, et retrouver le calme dans lequel on se reconnaîtra : au rythme et à la force de l&apos;âne.</p><p>Un pas en arrière, respirons un bon coup, calmons-nous et visualisons l’époque qu’est la nôtre, les conditions globales dans lesquelles ont se résout à vivre, sans faux détours.</p><p>D’où provient et comment est produite la viande que je mange, les fruits, les légumes ? Quelles sont les proportions gardées, exportées, consommées, jetées, gaspillées, recyclées de tout ce que je consomme ? Qui a fabriqué et dans quelles conditions et avec quels types de matériaux les objets que je consomme ? Quels sont les effets secondaires de nos addictions au sucre, au sel, aux snacks en tout genre, aux sodas, aux chocolats, aux écrans, aux téléphones, au sexe, aux jeux, aux somnifères, à tout ce qui donne forme et sens à nos quotidiens et dont nous pensons pas pouvoir nous passer ? Quels sont les effets secondaires de la phtalate, des agents conservateurs et des additifs de toute sorte ?</p><p>Nous nous habillons de pétrole : et les textiles que nous usons quotidiennement sont toxiques. Sont toxiques aussi les moyens mis en œuvre dans l’industrie agroalimentaire moderne au niveau mondial, pesticides, modifications génétiques et tout ce qui porte derrière son libellé la mention « industrielle » : on gave nos produits alimentaires d’hormones et d’antibiotiques qui renforcent… les bactéries et les microbes.</p><p>Les blouses blanches de nos universités dépensent des sommes colossales pour, au final, confirmer que les moyens les plus fiables de cultiver et habiter la terre sont ceux mis au point par nos ancêtres, mais nous continuons d’obéir aux lois du PIB qui nous forcent à toujours choisir les voies les plus compliquées .</p><p>Nous savons tout ça, nous avons tous beaucoup entendu parler de tout ça :« Mais bon si on doit faire attention à tout ce qu’ont fait, on fait bientôt plus rien » répète-t-on en chœur.</p><p>Vraiment ? Notre imagination s’est-t-elle donc appauvrie à ce point ? Il existerait plus rien hors de l’économie de marché ? Y a plus un loisir valable qui coûte rien à personne ?</p><p>De la crème solaire aux insecticides, nous avons sprayé nos paranoïas convulsives aux quatre coins de la planète : nous déversons des millions de tonnes de produits chimiquement instables dans les océans et avons contaminé les cours d’eau jusqu’à les rendre phosphorescents. Toute notre production de synthèse, toute notre philosophie de consommation et du progrès, tous les soit-disant pas en avant de notre époque, nous tuent à petit feu.</p><p>Renseignons-nous : les bibliothèques, les librairies et Internet débordent d’enquêtes sur nos comportements assassins : nos manières de stoker et de transporter les animaux et les végétaux, notre exploitation abusive et excessive d’absolument chaque ressource de cette terre, notre manque d’éducation et d’humilité, nos manières de marchander les corps et la pudeur des femmes et de leurs enfants d’un horizon à l’autre…</p><p>Et nous devrions croire que c&apos;est là ce dont on est le plus capable : nous devrions croire que c’est là l’illustration du progrès, la pointe de l’évolution ? C’est là ce que nous pouvons accomplir de meilleur ? Vraiment ?</p><p>JJSC 2022</p>]]></content:encoded>
            <author>mages-universels@newsletter.paragraph.com (mages universels)</author>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[Ma bourrique au trot: la raison du silence #2]]></title>
            <link>https://paragraph.com/@mages-universels/ma-bourrique-au-trot-la-raison-du-silence-2</link>
            <guid>PGsuNzGQpIxDHeaSBBLM</guid>
            <pubDate>Tue, 18 Jan 2022 09:16:37 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[En gros et d&apos;en haut on nous vend cher l&apos;idée que chacun d&apos;entre nous semble naître pour uniquement se froisser la fesse sur les bancs de l&apos;école seize années durant avant de se la repasser sur les chaises de lycées et collèges et conservatoires privés. Et bien sûr, chacun d&apos;entre nous tente de garder son poste de salarié le plus longtemps possible et compte d&apos;ailleurs dessus à terme... Bien sûr. Et puis, entre deux semaines de travail, on se laisse bien volontie...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>En gros et d&apos;en haut on nous vend cher l&apos;idée que chacun d&apos;entre nous semble naître pour uniquement se froisser la fesse sur les bancs de l&apos;école seize années durant avant de se la repasser sur les chaises de lycées et collèges et conservatoires privés.</p><p>Et bien sûr, chacun d&apos;entre nous tente de garder son poste de salarié le plus longtemps possible et compte d&apos;ailleurs dessus à terme... Bien sûr.</p><p>Et puis, entre deux semaines de travail, on se laisse bien volontiers gaver de foot, de téléviseurs, de bières, d&apos;une fin de semaine à Paris éventuellement...</p><p>Et on voudrait nous faire croire qu&apos;après six millions d&apos;années d&apos;évolution y aurait rien de plus à chercher ? A trente ans, on aurait donc fait le tour de la vie et resterait plus qu’à jouir d’un hypothétique pouvoir d’achat ? Resterait plus qu’à devenir célèbre ? Le monde s’est-il à ce point et tout soudainement vidé de ses mystères ? Pas d’autres satisfactions que celles émanant des tirages du tiercé ?</p><p>Je sais oui, bien sûr, n&apos;est-ce pas : je demeure dans mon ignorance et les taches qui souillent la réputation de mes blouses attirent davantage l&apos;attention que le fonds de ma bouteille...</p><p>Je sais oui, bien sûr, que je cumule aucun diplôme, aucune reconnaissance et que pour croire mes propos faut déjà avoir la conscience décalée mais je me refuse, et pour encore de bien nombreux longtemps, à croire que les choses vont pour le mieux... Et même qu&apos;elle se sont améliorées d&apos;une façon ou d&apos;une autre.</p>]]></content:encoded>
            <author>mages-universels@newsletter.paragraph.com (mages universels)</author>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[Ma bourrique au trot: la raison du silence #1]]></title>
            <link>https://paragraph.com/@mages-universels/ma-bourrique-au-trot-la-raison-du-silence-1</link>
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            <pubDate>Sat, 08 Jan 2022 13:10:29 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[On est parti, chacun sur sa route, sans promesse de retour, un peu d’eau dans une gourde : on la boit, on la conserve… moi j’ai décidé renverser la mienne. C’est comme ça que ça s’annonce, bourrique au trot, notre pèlerinage aux sources : un combat dans les hautes sphères de la Métaphore. Car, au final, tout ceci finira bientôt : tout ceci est un passage, simplement un passage, et personne aura jamais une seule bonne raison de rester sur le bas côté de sa vie à simplement se contenter de fair...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>On est parti, chacun sur sa route, sans promesse de retour, un peu d’eau dans une gourde : on la boit, on la conserve… moi j’ai décidé renverser la mienne.</p><p>C’est comme ça que ça s’annonce, bourrique au trot, notre pèlerinage aux sources : un combat dans les hautes sphères de la Métaphore.</p><p>Car, au final, tout ceci finira bientôt : tout ceci est un passage, simplement un passage, et personne aura jamais une seule bonne raison de rester sur le bas côté de sa vie à simplement se contenter de faire semblent de sourire et d&apos;aimer ça. C&apos;en est franchement assez : on va pas non plus prolonger pareil cirque sur encore mille décennies : ce monde le supporterait pas.</p><p>Stressé ? Angoissé ? Nerveux ? Accablé, dépassé, pessimiste ? Normal, c&apos;est d&apos;époque.</p><p>Bousculé, agressé ? Normal, comme tout le monde, c&apos;est là encore d&apos;époque.</p><p>Alors on s&apos;accorde un instant de recul : on ralentit son pas jusqu&apos;au rythme et à la force de l&apos;âne, hors de la frénésie ambiante et on respire un bon coup... au rythme et à la force de l&apos;âne.</p><p>Va pas s&apos;agir de mettre en place une méthode à vendre ou de prophétiser quoi que ce soit au nom de qui que ce soit : personne cherchera à flatter ni à consoler personne, c&apos;est promis… J&apos;aurais même plutôt tendance à garantir le contraire : tout le monde en ramassera, le moment voulu...</p><p>Parce que s&apos;agit donc de garder en mémoire que tout ceci finira par passer : se rappeler donc seulement que la vie déborde desdites activités quotidiennes, qui nous gavent jusqu&apos;à la dépendance : c’est tout et c&apos;est déjà bien assez.</p><p>Parce que va d&apos;abord donc s&apos;agir ici d&apos;ouvrir les yeux, peu à peu, et apprendre, du dedans, à cibler ce qu&apos;on veut... Cibler ce qu&apos;on veut au plus profond et avancer... Sans hâte, mais sans repos, au rythme de l&apos;âne.</p><p>Pas besoin de s&apos;en retourner davantage la tripe : s&apos;agit surtout de respirer un bon coup et se mettre en route.</p>]]></content:encoded>
            <author>mages-universels@newsletter.paragraph.com (mages universels)</author>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[Les Noces du Vagabond: premier chant: noces de sel et de corail]]></title>
            <link>https://paragraph.com/@mages-universels/les-noces-du-vagabond-premier-chant-noces-de-sel-et-de-corail</link>
            <guid>YXYV4USdSaOfBBbi2nMj</guid>
            <pubDate>Tue, 28 Dec 2021 08:18:44 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[I. Noces de sel et de corail 1. Tous les chemins que l&apos;on se décide à emprunter ont commencé de nombreux longtemps avant de s&apos;y être engagé ; et bien avant d&apos;avoir défait mes os et mes muscles et la peau sous mes pieds, ce chemin m&apos;avait défait, moi, du-dedans, et brisé ma conscience et meurtri mes appétits ; et bien avant d&apos;avoir éprouvé mes os et mes muscles et la peau sous mes pieds, ce chemin m&apos;avait éprouvé, moi, du-dedans ; et rien en moi n&apos;avait résis...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>I. Noces de sel et de corail</p><p>1.</p><p>Tous les chemins que l&apos;on se décide à emprunter ont commencé de nombreux longtemps avant de s&apos;y être engagé ; et bien avant d&apos;avoir défait mes os et mes muscles et la peau sous mes pieds, ce chemin m&apos;avait défait, moi, du-dedans, et brisé ma conscience et meurtri mes appétits ; et bien avant d&apos;avoir éprouvé mes os et mes muscles et la peau sous mes pieds, ce chemin m&apos;avait éprouvé, moi, du-dedans ; et rien en moi n&apos;avait résisté. Et c&apos;est en m&apos;exposant à nu, embourbé dans mes souffrances, inondé d&apos;une nuit pesante et solitaire au fond de laquelle mon silence et mon recueillement et mes absences deviendraient la chapelle de ma pénitence, que le chemin me reconstruit. Plus le chemin est long, c&apos;est curieux, et plus tu me sembles proche ; plus je marche, plus je réalise qu&apos;aucun chemin ne mène jamais à la moindre destination : garder présent en moi les traces de ton souvenir m&apos;apprend qu&apos;on ne parcourt aucune distance sur ses jambes : tous les chemins s&apos;enfoncent dans les contrées escarpées du cœur : tous les chemins sont intérieurs et ne me mènent qu&apos;à toi. Au final, il n&apos;existe pas de chemin ; il existe seulement l&apos;envie de cheminer dans ta direction et finir par te trouver.</p><p>Il pleuvait ce soir-là sur la mer comme un milliard d&apos;araignées qui s&apos;y promenaient tandis qu&apos;au pied de la colline un incendie de douleurs se répandait sur la ville comme la vision apocalyptique d&apos;un géant de lumière et de verre qui s&apos;écroule et se brise : son collier, éclats d&apos;émeraudes, d&apos;or et de poussières volcaniques s&apos;est brisé au fond de ma gorge et y a noué depuis ce soir-là un sanglot qui tremble autant d&apos;espérance dans ma voix qu&apos;il trahit mes peurs et mes lâchetés et mes agacements.. Désormais, la faible extrémité de mes doigts tremblera d&apos;impatience ; et sous ma peau le souvenir de ta voix murmurant les raisons de ta bienveillance se répercute dans le vide que tu as laissé la nuit de ta fuite.</p><p>J&apos;ai cru sur de nombreux longtemps que la nuit était toute faite de magie et de divagations sans raison ; j&apos;ai également cru sur de tout aussi nombreux longtemps qu&apos;un ange descendrait de ses étoiles pour m&apos;inviter à rêver mais surtout aussi à danser avant de succomber au lever du soleil et aux flammes qu&apos;il propage.</p><p>1.</p><p>De nuit, ce soir-là et sous la pluie, je suis sorti pour chercher du lait... Mais le lait en pleine nuit ne se trouve que dans le ciel. Alors je t&apos;ai croisée sur le bord de la route, jeune femme trempée et apeurée : les frissons qui secouaient ton corps t&apos;empêchaient de respirer et le froid dans tes yeux d&apos;un bleu intense et glacial avait figé ton regard sur un coin de trottoir. Je t&apos;ai instinctivement blottie dans mes bras sous mon manteau pour te rassurer et te réchauffer ; je t&apos;ai ramenée jusque chez moi et près de la porte la lumière artificielle de cet étroit couloir a dévoilé l&apos;incroyable pâleur de ta peau ; je t&apos;ai invitée à t&apos;asseoir et, d&apos;un geste tout à fait inconscient, j&apos;ai attrapé ton bras pour le boire... Seuls et fatigués : seuls et fatigués assis sur le sol dans ma cellule.</p><p>Un serpent apparaît subitement sur le sol de ma cellule qui tient dans sa gueule une pomme libérant un étrange parfum de plantes délirantes familières que mes lèvres ont touchée... Dans ma cellule depuis toujours j&apos;éprouve le sentiment que le temps y est muet et même que la nuit y parvient à dormir en paix. L&apos;obscurité berce ses enfants et dépose sur chacune de nos joues un baiser vénéneux que les ombres transportent en serpentant à travers les ruelles jusqu&apos;à loin par-dessus les impasses : ainsi, nous aussi parvenons à y dormir en paix. Les meubles polis et délavés par les eaux bouillonnantes que les matins y déversent sont devenus les trônes où prennent place confortablement les fumées d&apos;encens, fines et blanches, qui s&apos;élèvent voluptueusement jusqu&apos;au plafond. Le seul livre ouvert sur le sol de cette cellule raconte l&apos;histoire de mon ivrogne chimérique : un homme pauvre et désolé, mort d&apos;avoir bu sans modération à l&apos;alcool trop fort d&apos;une femme qu&apos;il avait imaginée de toutes pièces et qu&apos;il se remémorait dans le silence et l&apos;humidité de son refuge. Sur les murs, une larme tirée hors de mes souvenirs s&apos;est fixée : elle me rappelle que je suis coupable d&apos;avoir désiré te garder. Au plafond, la voix stridente d&apos;une fine fumée dansant, jalouse, s&apos;enrage tandis que sur le sol, le malheureux rampe.</p><p>Seul et fatigué, je m&apos;allonge sur l&apos;ombre de ton souvenir et dans ce souvenir je respire profondément le parfum de ta nuque jusqu&apos;à m&apos;enivrer de ta peau fine et blanche comme une fumée d&apos;encens. Délicatement retenue par la soie de ta chevelure, tu te laisses tendrement regarder, deviner et puis doucement imaginer. Sans hâte ni pudeur, étendue sur le sol, moi à ta droite : tandis que sur ce même sol, le malheureux rampe. Puis tu t&apos;es enfuie, mirage à la peau de lait, par l&apos;ouverture dans le mur comme une éphémère fumée d&apos;encens. Et par cette même fissure les vents violents du sud m&apos;ont gravement insulté et le silence et la solitude sont ensuite devenus oppressants.</p><p>1.</p><p>J&apos;avais trouvé qui traînait sur les pavés du hasard un soleil de caoutchouc exotique ; je l&apos;avais ramassé et je l&apos;avais mâché ; je l&apos;avais ensuite recraché dans un mouchoir puis l&apos;avais à nouveau jeté en direction des trottoirs du hasard... Ce soleil avait rebondi une première fois, une seconde fois et puis personne n&apos;est plus jamais tombé dessus. Une fleur magique me protège... De minuscules éclats d&apos;une poussière de caoutchouc couleur or m&apos;ont dévalé la gorge avant d&apos;éclater en un milliard d&apos;araignées partout dans ma poitrine gélatineuse et c&apos;est alors qu&apos;il a plu sur la surface de cette mer comme un milliard d&apos;araignées qui s&apos;y promenaient. Le nom éternel d&apos;une étoile voilée par le lait d&apos;une enfant sauvage, essoufflée et lunatique, se répercute encore contre les parois de ma mémoire : et sous ta peau nous avons griffé ce nom secret pour sceller notre union. Le paradis lumineux qui flottait au-dessus des étoiles est brusquement devenu la terre promise des enfants agités que les insomnies tourmentent... Mais je n&apos;y étais pas convié : seul et renié, je restais sur cette terre, dans les bras de ma fleur : cette fleur magique qui me protège.</p><p>Tout avait commencé comme enveloppé par une étrange chaleur lumineuse ; une fois le feu propagé, la fièvre gagne l&apos;ampleur de l&apos;âme tout entière et le corps, à son tour, se sent mourir, impuissant. Une fois le feu propagé, la folie comme un prédateur en terrain connu guette au tournant : elle guette le malheur, le souci, la répulsion, la séparation : elle guette le démon. Tout avait commencé comme par un incendie volontaire, expérimental : et bien que ce feu trouble encore ma mémoire, il illumine de loin mes joies. Tout avait commencé comme enveloppé par une étrange chaleur lumineuse : la pièce autour de moi s&apos;est dès lors évanouie dans l&apos;ombre floue d&apos;une métaphore permanente : au centre d&apos;un tableau noir flottait une lumière intense qui prononçait mon nom : une fine fumée dansant prononçait mon nom dans un soupir de lassitude et me promettait repos et merveilles.</p><p>Troublé jusqu&apos;aux larmes, intérieurement secoué au point de ne plus même reconnaître mes corps, enveloppé dans une nausée antique et sauvage qui remontait hors de ma mémoire les hurlements d&apos;enfants nés post-mortem, je restais nu, debout sur le flanc de ma montagne : la montagne de mes illusions.</p><p>1.</p><p>Le temps est un piège infernal qui ouvre ses bras sur nos faiblesses et les referme sur notre vieillesse. L&apos;inquiétude et l&apos;amour font vieillir ; l&apos;inquiétude et l&apos;amour font mourir.</p><p>Dans un premier temps et dans l&apos;intimité de ton sein, nous avons cherché, sans honte ni vergogne ni retenue, à connaître de la vie ce que nos deux corps en racontaient avant de me heurter à la désillusion de cette évidence tragique : j&apos;étais le seul -et le suis encore- à pouvoir te façonner, t&apos;imaginer, te rappeler. L&apos;obsédante envie de mordre dans le péché ta pomme m&apos;avait poussé d&apos;abord à te rejeter violemment, à te contenir prisonnière derrière un masque de perfection et d&apos;adoration : par-derrière les grimaces de l&apos;hypocrisie ; l&apos;obsédante envie de mordre dans le vice de ta pomme m&apos;a conduit à me rouler cent fois par terre, gémissant dans la douleur ridicule de mes caprices, me frottant contre l&apos;écorce de ton pommier pour au moins en boire la sève et insistant jusqu&apos;à ce que tu lâches ton fruit et me libères de ma peine.</p><p>Il pleuvait cette nuit-là par-dessus la surface de la mer comme un milliard d&apos;araignées qui s&apos;y promenaient... Goutte de pluie après goutte de pluie : il valait mieux cette nuit-là rester à l&apos;abri chez soi et les entendre mourir suffoquées sous le poids de leur propre infamie. Née dans la nuit du début des temps, tu domines encore les danses de toutes les araignées de ce monde, aussi élégante et mystérieuse dans la démarche. Sur ton épaule, la seconde frappe fort, toujours aussi jeune, toujours aussi puissante... Tu voyages désormais depuis de bien nombreux longtemps... Combien sommes-nous à t&apos;avoir connue ?</p><p>L&apos;ivresse est une marionnettiste de talent : elle manipule malicieusement les images devant mes yeux et réécrit cent fois le palimpseste de mes ambitions. Un soir, ivre de rues et de carrefours, je suis entré dans une taverne populaire où les filles dansent en levant la jambe tout en pinçant entre leurs doigts les tissus de leurs jupes aux sons de cris plaintifs. L&apos;étrange pomme que le serpent sur le sol de ma cellule tenait dans sa gueule libérait un parfum de plantes délirantes que mes lèvres ont touché. Le parfum m&apos;a saisi par la main et m&apos;a invité à danser sur les rythmes de tambours aztèques que les bûchers avaient recrachés... que les bûchers de les avoir trop entendus avaient épargnés. C&apos;est ainsi que la souffrance et la musique sont devenues mes compagnes nocturnes avant de m&apos;abandonner pour les faveurs d&apos;un autre vagabond.</p><p>1.</p><p>Les rues de nos villes m&apos;invitent constamment à la rencontre d&apos;un sommeil que je ne croise jamais : je n&apos;y connais et n&apos;y expérimente que l&apos;éveil somnolant de l&apos;ivresse. Elles me tendent délicatement et avec bien des égards une passerelle transparente et fragile pour que j&apos;y divague avec élégance et volupté.</p><p>Un fruit s&apos;est éclaté contre ma langue, s&apos;est éclaté entre mes lèvres : j&apos;ai alors aperçu le reste de ton décor à travers les brumes de l&apos;avenir à tâtons qui baignait dans une coupe encore pleine : qui baignait dans la promesse de tes ivresses qui m&apos;étaient inconnues. J&apos;avais machinalement prévu dans une poche un récipient de taule : je pressentais qu&apos;il allait pleuvoir cette nuit-là : alors j&apos;avais saisi ce récipient pour y recueillir un peu d&apos;eau et affronter le désert.</p><p>Tu as failli mourir, petite : mourir... Tu es tombée à terre, légère fumée d&apos;encens, comme une flamme sans plus de bois sur lequel danser. Petite fumée d&apos;encens qui te torsades et te meurs dans les souffrances physiques de l&apos;épuisement : tu danses et tu danses depuis la tombée de l&apos;obscurité. Relève-toi donc et vite : j&apos;ai envie de t&apos;encore regarder piétiner mes ombres ; j&apos;ai envie de t&apos;encore regarder jusqu&apos;à ce que tu t&apos;imprimes entière et définitive en moi : jusqu&apos;à ce que tu deviennes la métaphore d&apos;un désir à poursuivre. Allons, avant que je ne te souffle dessus, fumée sans bientôt plus d&apos;encens, anime-toi à nouveau, que je me baigne dans les voluptueuses volutes de tes parfums exotiques : ta sueur ruisselle comme des fleuves se frayant un passage à travers l&apos;aridité de tes terres brûlées d&apos;indifférence et d&apos;offenses. Drôle d&apos;éternité devant nous qui, là-dehors, derrière la lourde porte de nos paupières, nous attend... Anime-toi à nouveau que je me baigne dans les effluves de tes courants sous-marins et m&apos;abreuve à l&apos;eau cristalline qui pleure hors de tes yeux, promettant aux égarés de mon espèce d&apos;épargner un instant ou deux de remords. Frénétique va-nus-pieds, je te connais déjà depuis de nombreux longtemps : je te connais déjà depuis le premier jour de ma jeunesse et n&apos;ai jamais attendu que toi. Désormais, ma sœur, tu t&apos;étonnes : tu t&apos;étonnes de ne rien trouver de plus ni de nouveau sous ta robe en dentelles : tu crains que plus rien ne pousse jamais dans le jardin de tes obscurs secrets... Tu regrettes sans doute l&apos;époque solennelle d&apos;une virginité immaculée... peut-être... De ton sein, sur ton ventre, dans ton nombril, entre tes cuisses et jusqu&apos;à la pointe de tes orteils, roule le lait d&apos;une mère furieusement éteinte. Laisse-moi te boire, ma sœur : laisse-moi te boire.</p><p>1.</p><p>Cette dimension de la vie est un balancement permanent entre ce qui est déjà là et ce qui arrive de plus loin : un balancement permanent entre ce qui devient et ce qui advient. Un serpent lumineux, artificiel et moqueur, est venu me parler de ce balancement. Il m&apos;indiquait avec malice l&apos;urgence de me calmer, de respirer, de reculer d&apos;un pas. Un serpent lumineux, artificiel et moqueur, est venu m&apos;affirmer qu&apos;il était le maître de ce balancement, le maître de cette dimension-ci de la vie. Je me suis alors enfermé dans une chambre décorée de bougies multicolores pour mieux appartenir à ce qui survivrait de ton souvenir.</p><p>Le bas de ton dos... le creux de tes reins... les doigts crispés contre la peau de ton cou... la plante nue de tes pieds contre la surface du sol... J&apos;avais cru te perdre, petite, au moment de te voir partir chercher une paire de chaussures... Dieu merci, ce n&apos;était pas les tiennes ! Et tu les as symboliquement jetées au feu : nous partagions à ce moment-là un sacrifice symbolique. Surtout, petite brune frénétique et désarticulée, tes pieds sont restés nus.</p><p>Le corps en mouvement d&apos;une femme est plus enivrant que les plus célébrées des substances magiques : tourbillons de voiles qui s&apos;enroulent autour de mes yeux et dilue dans la rêverie mes notions de réalité.</p><p>Danses tribales de corps nus autour d&apos;une fumée d&apos;encens s&apos;élevant de lianes et retombant vers le sol : les lianes souples de cet arbre millénaire et légendaire pendaient vers le sol et seul un vent léger venait les secouer. Le poids de tant de lianes finirait bien par faire basculer cet arbre et le faire s&apos;écrouler... Alors, ses racines sortiront de terre en se déchirant ; et des racines déchirées jaillira une sève plus blanche encore que la pâleur lunatique de ta peau : l&apos;arbre s&apos;effondre en silence durant notre absence... Oublie-moi vite, petite, comme si jamais tu ne m&apos;avais rencontré. Je m&apos;en vais avec ce qui avait commencé -un souvenir- et te laisse à ta réalité.</p><p>Et il a plu toute cette nuit-là jusqu&apos;au matin sur la surface pâle de la mer comme un milliard d&apos;araignées qui s&apos;y promenaient.</p><p>1.</p><p>Le ciel enflammé de ce matin-là par-dessus la ville avait disparu loin par-derrière l&apos;image de ton regard conservé dans une pièce de ma mémoire. Et dans mon souvenir à moi justement, ta peau de lait était délicate et lisse comme le satin et d&apos;ailleurs, par moments, elle semblait en avoir dérobé les reflets ; à te mordre, un parfum d&apos;abricot s&apos;évaporait d&apos;entre les pores de ta peau de lait et recouvrait de tes liqueurs tous les murs de cette chambre à coucher ; et te voilà qui froissais devant moi de crépitements l&apos;épaisseur de tes muscles pris au milieu des draps sur ce lit, à te retourner mollement par-dedans le sel de tes chaleurs tandis que mon silence se refermait en impasse autour de tous les mots d&apos;amour déjà désuets : tous les mots d&apos;amour déjà écorchés mais qui encore pourtant continuent de m&apos;inspirer. A quoi bon tant remuer et tant chercher et tant perturber si ça n&apos;est que pour toujours t&apos;effleurer avant de me retrouver seul puis exténué puis vidé de sens ?</p><p>Je rongeais mes doigts d&apos;impatience et courbais mes reins de courbatures ; les extrémités de mes membres tremblaient, échappant à mon contrôle ; j&apos;espérais pouvoir retenir ton attention encore un peu mais la solitude réservée à mon nom n&apos;allait plus tarder à t&apos;éloigner de mes ombres et à effacer toute trace de mes tentations.</p><p>Dans mon souvenir à moi, les soupirs de notre couple renaissant et fusionnant vagabondaient dans l&apos;air frais d&apos;un matin enflammé par-dessus la ville jusqu&apos;à l&apos;horizon. L&apos;aube avançait, imperceptiblement par-dessus les draps fins de satin, étirant les ombres, caressant le squelette du lit et pénétrant comme un voleur dans le secret de notre sommeil. Les soupirs fatigués et affaiblis de notre couple fusionnant s&apos;effilochaient dans l&apos;écume enragée qu&apos;une mer sauvagement agitée par l&apos;orage déversait sur la plage. La nuit reculait lentement et la mer, par la fenêtre, continuait d&apos;observer notre couple : mille fois je l&apos;ai entendue qui jurait de nous séparer. Les soupirs fatigués et affaiblis de notre couple fusionnant mouraient, brûlés par l&apos;encens offert au soleil levant. Et alors le silence par-dessus la mer a répété le silence par-dessus notre enlacement. La colère, la paresse et l&apos;impatience qui me rongeaient du-dedans battaient violemment le squelette de ce lit et violait sans pudeur le secret de notre sommeil. Doucement, je t&apos;ai sentie qui avançait par-dessous le satin et as touché d&apos;un doigt la peau de ma cuisse avant de t&apos;enrouler partout autour de moi, jusque par-dedans ma peau, mes sueurs, mes odeurs. Les yeux mi-clos de nos regards, à ce moment précis, ont élevé une prière en direction du soleil levant et nous voici tous les deux agenouillés face à la mer et à l&apos;horizon fumant. Devant nous et depuis de bien nombreux longtemps, une épave rocheuse de sel et de corail déverse sur la plage la blanche écume d&apos;un torrent de souffrance et de silence, dans la plus totale indifférence.</p><p>1.</p><p>Aspiré par les profondeurs d’un ciel noirci, ballotté par les courants de mers déportées, désorienté et en plein délire, je noie mon regard dans les méandres géométriques de ton corps sur mon lit torsadé : avide de te rencontrer telle que je t&apos;avais imaginée au matin de mon dernier jour sur ces terres. La quête d&apos;une ivresse entre tes reins m&apos;a conduit, enfant distrait de la déraison porté par les flots tumultueux du sourire entre tes lèvres, jusqu&apos;à la plus désolée des absences, jusqu’à la plus sauvage des contrées cachées derrière l&apos;horizon sans promesse des étoiles mourantes.</p><p>Concentré sur les fractions du désir et de l&apos;ardeur, j&apos;ouvre mes mains pour y recevoir la chair vive de ton pain : la métaphore, obscure constellation lointaine, guide la direction de mon naufrage.</p><p>L’innocente expression figée dans la résonance de ton corps plastique déroute l’équilibre de mon imagination. A force de te regarder par-delà mon rêve, je dilue les cellules de mon sang dans les émanations de ta peau. Ta jeunesse, dans le pas de ta démarche, se superpose à l’élégance des années qui devant toi tapissent tes expériences.</p><p>Impatient de te goûter, je me roule à tes pieds sur tes nuits à venir, comme un animal sauvage démangé par l’envie de jouer.</p><p>1.</p><p>Jolie fille tâchée de mode : blonde assombrie d&apos;un maquillage attristant et urbain... Le venin de la détresse s&apos;écoule dans tes membres, sous la surface de tes chairs. Je suis ravi de te sentir à nouveau si proche de moi : de te sentir vibrante et sophistiquée exister à l&apos;intérieur de mon sang.</p><p>Perchée sur la douleur de ton élégance, tu élances la chevelure de tes désirs aux cent directions du Ciel. Perchée sur la douleur de ton élégance, tu regardes à travers la nuit dans le sein meurtri du monde en quête de quelques insomniaques inquiets et rejetés du fracas populaire. Et la délicatesse de ton ombre, fine et torsadée comme une fumée d&apos;encens en pleine oraison, s&apos;est lovée au creux de ma mémoire, sûre d&apos;y trouver un repos, enfantant dans son nid les étincelles de mes désirs.</p><p>L&apos;odeur parfumée d’opium que dégage ta peau s&apos;est imprimée par-dessus ta fumée et lève le décor des arènes où combattent mes pulsions. Effrayé par les lueurs de l&apos;aube perçante, je me suis discrètement réfugié derrière la fibre nerveuse de tes cuisses afin de reprendre mon souffle et te posséder, du dedans, totalement : te posséder à travers le fil cristallin d&apos;une araignée excitée et dévorée par la faim. Le fil de laine dont on a soigneusement habillé tes hanches défie le fil de soie que tisse l&apos;araignée dans ma mémoire : inlassable, elle oriente les reflets de sa lumière selon les variations de chaleur à la surface de ton épiderme. Elle tisse sa toile se reposant sur les traces que ton pas a laissé dans la fosse de mes souvenirs, jusqu&apos;à te posséder : par le venin, elle envoûtera ton ombre et le désir, aura nouvelle, resplendira du fond de ta voix.</p><p>1.</p><p>Délicieuse silhouette souillée de nostalgie : la noirceur de tes cheveux lisses s&apos;écoule, mielleuse épaisseur inconnue, sur le circuit de tes spasmes et s&apos;étale sur les fossiles de tes amours dans la colonne de ton corps. Secouée, la rondeur de tes fesses parfaite se déroule interminable et franchit ton pas : la noblesse de ta jambe se noue autour de ma gorge et étouffe les sifflements de ma tentation ; la noblesse de ta jambe aux aguets dressée scrute l&apos;horizon de mon imagination. Te voir passer, te sentir marcher devant moi, à travers moi, achève de me faire comprendre l&apos;enfermement dans ce corps et ses vices, dans ces sens et leur misère : l&apos;enfermement dans ces fragiles volutes.</p><p>Je cogne contre les parois de ma conscience l&apos;essoufflement de ce rêve : cette nuit, à l&apos;écart, dans le recueillement du silence, ton image me revient, sereinement désirable.</p><p>Suspendu au parfum de ta peau, la moiteur de tes cuisses ruisselle sous mes doigts... Et la souffrance incendie mon regard : il n&apos;est pas de géométrie assez délicate pour décrire ta démarche. Pour suggérer ce que ta démarche ébranle en moi.</p><p>Soulagé : je contemple devant moi s&apos;écarter les lèvres délicates de ton voluptueux sourire. Satisfaite et fragile, ton pas flotte dans les nébuleuses de mon imagination, impatient.</p><p>1.</p><p>Jeune fille noiraude aux petits seins nus, tu transpires dans ta chaleur les minutes d&apos;une colère en marche sur nous tous, d&apos;une colère en marche contre nous tous... Derniers témoins de la folie des Hommes, les étoiles et les astres, flottant sous ton pas, patientent, pris dans la ronde alarmante de la raison, sans plus trop désormais savoir sur quelle mélodie danser. Le tissu épais contre ta peau s&apos;étire et se déchire, s&apos;entrebâillant sur ta noirceur encensée. La légèreté de ton pas n&apos;imprime aucune trace durable dans le sillage des astres, dans le ballet des étoiles. Mais de sa musique s&apos;extrait une danse que le ciel, au loin, coordonne.</p><p>L&apos;obscurité est un théâtre : levé de rideau et déferlement d&apos;ombres sur l&apos;unique spectateur immobile...</p><p>Le corps à moitié nu d&apos;une métisse assombrie à moitié envoûtée de sommeil devient progressivement la scène d&apos;un acte dérangé, déplacé hors de tout calcul. L&apos;arrogance de ton corps, calfeutré dans l&apos;ironie de tes reins, se moque ouvertement de ma naïveté. Parfois, apparaissant comme un mirage, ton corps m&apos;appelle à travers les nuages, pourfendant le ciel et détournant les vents... Avant de s&apos;évanouir, comme un mirage au loin, sans trace durable contre les parois de ma mémoire.</p><p>1.</p><p>Le délicieux tremblement d&apos;un enfant surpris dans sa malice agresse les terminaisons de mes nerfs à chaque fois que je pressens imminent ton retour et la vague glaciale d&apos;une volupté coupable déferle alors en moi et dévaste les fortifications que le temps avait élevées autour de mes rêves d&apos;enfant. Chacune de tes apparitions, brutales et soudaines, dessine sur la toile derrière mes yeux le spectacle animé de légendes érotiques pourtant longtemps ignorées et surgies des mémoires de mille tribus anciennes, oubliées, refoulées.</p><p>Un voile de transparence recouvre l&apos;espace à perte de vue sur tes cuisses. Déchirer ce voile et mordre à pleine bouche la chair laissée à cru d&apos;un animal agonisant ; déchirer ce voile et m&apos;enivrer des vapeurs émanant du fond des enfers. Péniblement, derrière l&apos;illusion de ton péché, nage en solitaire, le double esseulé de ma prière. J&apos;ai suspendu la chair crue à nu de tes soupirs au-dessus des fontaines asséchées, abandonnées, dans le cœur des silences montagnards. Le sang de ta chair s&apos;y déversera et ravivera, magie lunaire, l&apos;abreuvoir sauvage que le monde avait mis à la disposition des loups et des rats amoureux des étoiles.</p><p>Jolie métisse aux accents inconnus, la silhouette sauvage qui ombrage la symphonie de ton visage et assombrit le caractère indomptable de ton regard s&apos;approprie dans la violence du feu l&apos;enfant qui s&apos;agite de faim et s&apos;ébouillante d&apos;impatience en moi. J&apos;étale sur ton cou la métaphore sous ma langue de ta jeunesse et j&apos;attends ensuite que se froisse la rage du ciel d&apos;avoir osé bafouer les perles sacrées réservées aux sacrifices antiques célébrés en l&apos;honneur des Flots du Bout de la Terre.</p><p>Le vertige au bord du gouffre m&apos;attire toujours plus près et me suspend en équilibre au-dessus de ton rêve éveillé. Le silence réchauffe l&apos;enveloppe de ma chair et la solitude tapisse les souvenirs que j&apos;ai gardé de nous, cachés dans les tourments de ton absence. Ta jeunesse, discrète et dévoilée, défile, comme un chapelet de bois précieux tenu par les mains d&apos;une dévote ridée et courbée sur sa souffrance, entre mes doigts. Une ceinture de peau nue découvre ton nombril, étouffe le cri de tes entrailles et simule les soupirs de ta somnolence.</p><p>1.</p><p>L’impatience est une mer déchaînée et éloignée de la fertilité. L’arrogance métissée de ton regard dévoile les vices qui obstruent les artères de mon cœur : l’anatomie disséquée de mes organes ira respirer l’air du large, amer et corrosif.</p><p>Reste près de moi, cette nuit encore, filet d’encens bridé. Reste donc près de moi cette nuit encore.</p><p>La grâce s’est assise dans le déhanchement de tes reins : la métaphore au contact de la vie quotidienne s’effrite et s’assoupit par-dessus le pli de tes yeux. Reste près de moi, cette nuit encore, étendue dans le voile de ta nudité. Les traits acérés de ton visage, semi rousse docile, pavanent dans ma mémoire sous les projecteurs tendus de ma folie destructrice. Les variations lumineuses que les diamants de l’aurore ont déposées sur ton visage ressemblent à l’érotisme de mon enfance.</p><p>Le temps est une absurdité atroce, une illusion grotesque qui affaiblit les sens dans nos chairs et perturbe le sommeil des enfants innocents.</p><p>1.</p><p>Le chant du vent, étouffant mes nuits rebelles, me rapporte chaque soir le parfum de ton ombre délicate et chasse définitivement les marionnettes en chiffon usé qui paradent dans ma conscience.</p><p>L’animal sauvage, dans la souillure de son lit blessé, s’abreuve du sang que déverse son flanc mutilé. Il saigne, sur la couverture de son lit souillée, les ombres masquées de proies pétrifiées.</p><p>L’éclatement sonore d’un sabot au galop a fini, dans le silence, le secret et l’invisibilité, d’achever l’ombre agonisante d’un animal blessé, renversé sur le flanc de ses souvenirs.</p><p>La fièvre me fut offerte pour étouffer les sévices de Tes enfants, pour oublier la contenance de Ton sein et redorer les poussières que Tes yeux ont pleurées.</p><p>1.</p><p>Sur le cou de ton corps nu à plat-ventre contre le sol de cette cellule sont inscrites les lois de ma chute et s&apos;en élèvent les chants de mon supplice : tes yeux m&apos;appellent au crime et ton ventre prononce ma sentence. Je cesse le temps d&apos;un instant de boire à ma coupe pour goûter à la tienne et la tienne m&apos;excite et m&apos;échauffe comme un chien s&apos;excite et s&apos;échauffe devant l&apos;inconnu en pleine nuit qui fait du bruit.</p><p>Par-dessous la voûte flottante des étoiles dansantes, les nuages irrémédiablement se transforment...</p><p>Cette nuit-là nous mène à répétition au pied d&apos;un roc engourdi dont la fraîcheur apaise l&apos;emprunte sur ma peau de tes froissements : un roc de sel et de corail. Ton fantôme reste face à la mer sans visage : et depuis, à chaque soir, je contemple à répétition le soleil qui se noie. La mer affamée de jalousie ouvre chaque soir ses entrailles et les referme sur la lumière. L&apos;heure de la nuit sonne toujours bientôt mais trop tard.</p><p>La lumière d&apos;un feu éternel auréole ton visage, rayonnant de souvenirs redécouverts, qui sourit à mon regard et caresse les plaies sur mon flanc qui saigne.</p><p>L&apos;aliénation est un jeu assoiffant : elle ouvre à la panique les portes de l&apos;engourdissement. C&apos;est dans l&apos;exécution de ce jeu que nous nous sommes rencontrés ; c&apos;est dans l&apos;interruption de ce jeu que nous nous retrouvons... Le voyage peut recommencer.</p><ul><li><p>© JJSC - Mages Universels - 2021</p></li></ul>]]></content:encoded>
            <author>mages-universels@newsletter.paragraph.com (mages universels)</author>
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            <title><![CDATA[Les Noces du Vagabond: prologue]]></title>
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            <pubDate>Mon, 27 Dec 2021 09:13:03 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[Les noces du vagabondVariations sur un fantasme de toi Prologue Un ciel profond de nuit m&apos;avait invité à cheminer en direction de l&apos;infini : et dans tes yeux cent fois inévitablement je me suis perdu ; mais c&apos;est également dans tes yeux que cent et une fois je me suis retrouvé. Ton souvenir cherche parfois à me fuir, me déserter, m&apos;abandonner : il s&apos;atténue, devient peu à peu transparent et se décolle par les coins des parois de ma mémoire... Combien de temps suis-je ...]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<h2 id="h-" class="text-3xl font-header !mt-8 !mb-4 first:!mt-0 first:!mb-0"></h2><h2 id="h-les-noces-du-vagabond" class="text-3xl font-header !mt-8 !mb-4 first:!mt-0 first:!mb-0">Les noces du vagabond</h2><p>Variations sur un fantasme de toi</p><p><strong><em>Prologue</em></strong></p><p>Un ciel profond de nuit m&apos;avait invité à cheminer en direction de l&apos;infini : et dans tes yeux cent fois inévitablement je me suis perdu ; mais c&apos;est également dans tes yeux que cent et une fois je me suis retrouvé.</p><p>Ton souvenir cherche parfois à me fuir, me déserter, m&apos;abandonner : il s&apos;atténue, devient peu à peu transparent et se décolle par les coins des parois de ma mémoire...</p><p>Combien de temps suis-je capable de fixer dans mon imagination le portrait de ton regard sans me laisser distraire ?</p><p>Et alors le sentiment d&apos;un vertige inouï me renverse : du fond de mes abîmes remonte l&apos;étrange sensation de regarder le monde par l’œil qui me regarde : et l’œil qui me regarde nous contient, toi et moi, tant de souvenirs répétés et moi... Tu es le reflet de mon âme et cette âme est le reflet d&apos;une force qui nous contient et nous anime, nous transporte vers l&apos;accomplissement d&apos;une forme de beau capable de sublimer les travers et les terreurs de cette époque.</p><p>Et alors je deviens mon souvenir et dans ce souvenir je m&apos;évanouis, offert à ta langueur : et alors je ne suis plus rien que le souvenir d&apos;un Amour qui nous a tous les deux transformés : je deviens la trace que tu as laissée en moi et sans doute que tu es restée à ton tour un peu de ce que je t&apos;ai donné...</p><p>Les pieds de mon âme sont nus et les pieds nus de mon âme saignent d&apos;avoir si souvent parcouru les distances que j&apos;invente et qui dans ma mémoire nous séparent.</p><p>L&apos;emprunte de ta présence dans ma mémoire est par instant si forte qu&apos;il m&apos;arrive de te sentir peser contre mon épaule qui sanglote ses douleurs capricieuses et fomente un soubresaut de colère ; et à chacune de mes douleurs, tu as répondu par une consolation et ces consolations ont élargi ton regard d&apos;un sourire et dans la ferveur de ces consolations tu m&apos;as accueilli sans conditions ni limites ; et c&apos;est durant cette nuit-là, par ta bouche, que j&apos;ai connu mon nom.</p><p>Je sais que j&apos;ai moi aussi laissé dans ton âme l&apos;emprunte du réconfort ; et derrière ton regard a germé pour moi un désir d&apos;intimité.</p><p>Dans ce corps, j&apos;expérimente la vie ; par ce corps, j&apos;expérimenterai la mort ; et c&apos;est en exprimant l&apos;Amour, hors de ce corps, que j&apos;expérimente l&apos;existence... Et c&apos;est dans cette existence -bientôt devenue extase- que je me réalise. L&apos;Eternité germe dès le moment où je place tout mon Amour hors de mon corps, sans conditions ni limites.</p><p>Je suis une boucle étrange : un procédé d&apos;amplification conscient de lui-même... Je suis une conscience fragmentée, déchirée entre l&apos;illusion de mes observations, les souvenirs de mes confusions et l&apos;espoir à courir vainement derrière ta reconnaissance et ta compagnie, pourtant jamais bien loin... Je suis une boucle étrange repliée sur elle-même ; l&apos;écho d&apos;un chant cosmique se répercute contre mes nerfs et ordonne mes pensées autour du souvenir défunt que je garde de toi et qui me hante : le souvenir avorté d&apos;une aventure onirique. Je suis une conscience fragmentée et mille différentes identités assaillent au quotidien la forteresse de ma volonté : mille identités tentent de me corrompre et de m&apos;éloigner de ton souvenir : tentent de me distraire du bleu profond de tes yeux...</p><p>Le souvenir de ton regard, tout de paix mais de fougue furieuse, tout de candeur mais de malice curieuse, est devenu une toile de fond permanente contre les parois de ma mémoire et c&apos;est par-dessus le souvenir de ton regard que j&apos;arrange et que j&apos;articule tous les artifices qui me composent. La présence de ce souvenir me pousse en continu à fournir davantage d&apos;efforts et de façon immodérée, jusqu&apos;au déni de ma santé... La présence en continu de ce souvenir m&apos;interdit les choix de la facilité et de la médiocrité car cette présence témoigne en continu de mes enthousiasmes et de mes actions : et puis la réalité de ton absence me rappelle violemment à la solitude.</p><p>Alors j&apos;ai cherché à me déchirer l&apos;âme, convaincu de ne trouver derrière elle que le vide et l&apos;absence et le néant. Bien au contraire, c&apos;est la plénitude de ta présence qui s&apos;est révélée.</p><p>C&apos;est ainsi que j&apos;ai entrepris ce chemin jusqu&apos;au bout de la terre, jusque là où le bleu de ce ciel échappe progressivement à la parole et aux concepts de mon imagination tout autant qu&apos;il échappe à la vue, disparaissant une fois de plus derrière l&apos;écran opaque de ton regard, à la limite de tout horizon : précisément là où cette couleur bleu se délave dans les eaux de la mer pour s&apos;y confondre avec le bleu de tes yeux.</p><p>Quels que soient l&apos;état de ma conscience, l&apos;éclat de mon intime lumière, le vice de mes chairs ou les fautes de mes sens, rien n&apos;a été fait, dit ou pensé en-dehors de Toi et tout cela témoigne de la Miséricorde dans Ta Voix.</p><p>Et si je contemple Tes Merveilles, ce n&apos;est que Toi, Te contemplant à travers Toi ; et si je chante Tes louanges, ce n&apos;est que Ta voix hors de Ta voix ; et si je partage autour de moi l&apos;écho de Ton Verbe</p><p>Ce n&apos;est que Ta Pure Lumière par-devant Toi ; que je sois vivant ou bien que je reste mort, quelle différence puisque je demeure en Toi ?</p><p>C&apos;est en Te cherchant que j&apos;ai compris que je n&apos;étais pas perdu ; c&apos;est en T&apos;attendant que j&apos;ai patienté sur l&apos;éveil de mes frères ; et c&apos;est en ouvrant leurs yeux que Tu m&apos;as permis de t&apos;apercevoir.</p><ul><li><p>© JJSC - Mages Universels - 2021</p></li></ul>]]></content:encoded>
            <author>mages-universels@newsletter.paragraph.com (mages universels)</author>
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