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La Sainte par Léo Larguier

C'était, bien entedu, avant la guerre. Nous avoins soupé dans l'atelier du sculpteur Claude Prétexte et par les hautes baies vitrées du toit, toutes les étoiles de cette nuit clignotaient, pâlissant au ciel ou courait comme un frisson une onde laiteuse et vague, annonçant que, par delà les gouffres nocturnes, le grand miracle de l'aube s'accomplissait.

Le repas avait été parfait. Claude, lorsqu'il ne modelait pas dans l'argile des corps mythologique, passait son temps à inventer des plats. Sur la nappe qui était une immense dentelle, il n'y avait plus à cette heure avancée de la nuit, que de beaux fruits écroulés, des fleurs dans des coupes de cristal et des verres vides.

Suzanne Florine, qui s'était couronnée de roses, riait à ce que lui contât Claude Prétexte pour qui elle avait un caprice, cette semaine. Elle venait de s'installer chez lui, ayant déserté l'hôtel que lui avait offert, au environs du Bois, une altesse russe ou un Brésilien opulent comme un nabab et perpétuellement en voyage.