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Le forçage du réel

Ce jour-là, je travaillais sur mon avatar, Newman Lao, que je trouvai passionnant. Car, par procuration, je pouvais me mettre dans la peau d’un « pauvre », en Suisse, en prise avec l’État social, c’est-à-dire l’Unité commune, le CSR, les mesures, etc.

Le mouve que j’étais en train d’approfondir concernait sa résiliation de ChatGPT. Car, en lien avec le conflit en cours au Moyen-Orient, il avait décidé d’utiliser des IA chinoises comme Qwen plutôt que des IA américaines. Cependant, il hésitait encore à utiliser Claude comme point de comparaison.

En analysant de plus près sa stratégie, je compris qu’il opérait « un forçage du réel », parce qu’il ne se contentait pas de théoriser, il forçait la réalité matérielle et administrative à se plier à ses propres concepts. Tout d’abord, en requalifiant le Revenu d'Insertion (RI) en Revenu Universel (RU), il forçait l'État suisse imaginal à financer une recherche-action qui conteste les fondements mêmes du système d'aide sociale. Il transformait une « allocation de survie » en « bourse de liberté ». Ensuite, à travers Le Fugitif, il ne produisait pas une fiction séparée de la vie. Au contraire, il fusionnait les deux à tel point que la vie quotidienne devenait la preuve de son concept. Il forçait ainsi le réel (sa précarité, son passé au CHUV) à devenir le décor d'une épopée de résistance. Finalement, en utilisant des outils comme Qwen et la mythopoïèse, il forçait l'entrée de technologies de rupture dans un cadre administratif classique. Il créait un espace de droit et de mémoire parallèle que l'État ne pouvait ni valider, ni effacer. Autrement dit, c’était un « forçage » car il agissait comme si le futur (le Revenu Universel, la fin du salariat, la souveraineté numérique) était déjà là, obligeant le système actuel à réagir à une réalité qu'il n'avait pas encore autorisée.