Revue de presse du 22.03.26

Pour ma revue de presse quotidienne, je note que « les exportations continuent de dépendre en grande partie de l'industrie pharmaceutique et chimique ». C’est d’ailleurs ce que je ne cesse de répéter aux membres du Collectif: l’industrie biopharmaceutique est la plus importante, en Suisse.

C’est que dans la critique que je développe à travers le jeu, l’État-providence est clairement visé, plus particulièrement: ses rapports à la Big Pharma. Pourquoi?

Parce qu’en Suisse, les externalités négatives¹ sont supportées uniquement par la classe moyenne, qui paie les frais d’un problème d’ordre structurel. En effet, avec le Collectif, nous menons une recherche-action où l’on cherche à mettre à jour les problèmes qui touchent directement les citoyens. Nous partons, pour ce faire, de leur perception du quotidien et nous utilisons le jeu pour leur donner une voix. Il s’agit, oui, d’empowerment.

Dans le cas spécifique de la Suisse, l’angle d’attaque que j’ai choisi en tant que chercheur indépendant est l’antipsychiatrie. Car, en Suisse, l’« échec » est considéré comme une défaillance personnelle, relevant tôt ou tard de la psychiatrie, bras armé du politique. En partant du GSB, que je considère comme proche à son origine de la psychothérapie institutionnelle pratiquée par la clinique de La Borde, nous avons créé un collectif d’artistes du numérique dont l’objectif est de promouvoir à travers la critique artiste² un RU/MNBC.

Durant ma formation doctorale à Columbia University, et plus précisément auprès d’Axel Honneth, il ne m’a pas échappé que l’École de Francfort s’intéresse de plus en plus à cette approche pragmatique de la sociologie esquissée initialement par Pierre Bourdieu dans Langage et pouvoir symbolique (2001).

En outre, dans mes recherches, les travaux de l’École de Chicago en sociologie, sociologie pragmatique à l’origine, alimentent bien évidemment ma réflexion. Cependant, comme je l’explique souvent dans le cadre de notre café philo, nous nous inscrivons dans l’École de Lausanne en économie et en sociologie. Notre objectif, grâce au jeu, est de construire une théorie politique qui repose sur la figure du free-rider à travers celle du fugitif. Pour ce faire, nous contestons le procéduralisme de John Rawls au profit d’une philosophie du care. Le jeu, dès lors, nous permet d’utiliser le cyberespace comme extension du territoire de la lutte. D’où l’ARG, qui crée une TAZ³.

¹ Voir Ronald Coase

² Luc Boltanski et Ève Chiapello

³ Zone autonome temporaire