« La conversation » est un concept de film mettant en scène deux personnages de l’histoire universelle se rencontrant à huis clos autour d'un repas pour discuter de l’avenir de leur pays ou de l’avenir d’un concept, tout simplement.
Chaque film adopterait l’allure de celui d’Edouard Molinaro, « Le Souper », film à deux personnages, avec Claude Rich et Claude Brasseur, qui met en scène Talleyrand et Fouché. (Tout le film se déroule dans une pièce, et illustre les événements du 6 juillet 1815, à Paris. Pendant que le peuple se pose des questions sur son avenir après la défaite de Waterloo, les deux hommes soupent à huis clos. Ils doivent s'entendre pour décider du destin de la France.)
« La conversation » est donc un huis clos minimaliste qui s'organise autour d'un lieu unique (une salle à manger par exemple), d'un temps et d'une intrigue resserrés (une soirée dans la plupart des cas). Des rencontres certes imaginées, mais dont la teneur des propos est très réaliste. L’action passe entièrement par les mots. La maîtrise du langage donne à chacun des personnages un pouvoir incomparable. Les rapports de force évoluent selon les qualités oratoires des personnages et au gré des assauts de leur intelligence. D'où l'intérêt psychanalytique et psycho-historique d'une telle confrontation.
La première « table » est réservée à deux figures de l'histoire universelle : Toussaint Louverture et Napoléon Bonaparte. Ce premier huis clos extrapolera les échanges épistolaires qu’ont eu Toussaint Louverture (l'initiateur de l'abolition de l’esclavage ainsi que de l'indépendance d'Haïti) et Napoléon Bonaparte, avant le rétablissement, par ce dernier, de l'esclavage à Saint-Domingue le 20 mai 1802. À travers le prisme de cette confrontation, c’est toute la question de l’émancipation des Noirs et de la première révolte d'esclaves réussie du monde moderne que ce film propose de mettre sur la table.

