Cover photo

Avatar 2 : The way of Jimmy

“The way of water connects all things” - Visiblement 

post image

13 ans après le premier opus, James Cameron revient avec son pari le plus dur à ce jour, non pas réaliser le film le plus cher de l’histoire (il le fait à chaque film depuis Terminator 2) mais faire une suite à son film (culte ?) presque une décennie plus tard et nous faire rêver à l’heure où la CGI (Computer Generated Images) est l’acteur principal de tout bon hit Hollywoodien.

** **Lorsque le premier Avatar sort en 2009, le pari est clair. Pour l’homme qui aime briser les codes, les records et repousser les limites de la technologie, l’après Titanic représente un défi de choix : définir les nouvelles limites des effets spéciaux et créer un monde entièrement fictif, la frontière entre CGI et rêve, l’Eldorado d’un homme à l'imagination et aux univers fous.

** **Depuis Avatar et ses 2,900,000,000 de dollars (oui presque 3 milliards d'où la collection de Rolex inépuisable de James) tous les studios voient le potentiel et l’attrait pour le public de cette révolution technologique et s’y mettent aussi. La Planète des Singes et ses deux suites sont des réussites, la technologie Mocap continue de progresser, Josh Brolin devient Thanos et tabassent chaque Avengers un par un sur deux films de trois heures alors qu’Andy Serkis oscille entre réaliser des films (tous moyens jusqu'à l'ovni Venom 2 écrit par Tom Hardy qui a une plume en plus d’un low kick connu dans tout South London) et enfiler sa tenue Mocap, technologie devenue monnaie courante, remplaçant peu à peu les make-up artists si précieux sur de tels films. Alors, lorsque Cameron annonce, non pas une, mais assez de suite pour que je puisse un jour crier sur mes enfants en leur expliquant qu’Eiwa vit en nous tous, la question se pose :

** **Avatar était une prouesse technologique définissant une génération et précipitant le Hollywood de 2010 vers toujours plus d’effets spéciaux, mais comment faire une suite ayant le même impact ? Mission quasi-impossible ? Donnez 500 millions de dollars à cet homme et vous verrez.

(Hairline parfaite et caméra dernier cri)
(Hairline parfaite et caméra dernier cri)

** **

Avatar 2 commence très bien, très très bien. Alors que Jake Sully (joué par un Sam Worthington à la carrière étonnante de vide entre les coups de fil de Cameron), nous résume sa vie depuis l’invasion des “sky people” du premier film, on découvre que l’ancien marine a enfin trouvé la paix et a construit à foyer heureux avec sa femme Neytiri. 10 années passent pour eux comme pour nous, de beaux enfants naissent, que Jake choisis d'élever avec la rigueur d’un père alcoolique Texan, et dans un élan de générosité digne d’Angelina Jolie, le couple adopte même la fille de son ancienne patronne. Cette (belle) introduction nous fait redécouvrir un Pandora encore saisissant de beauté et nous fait réaliser que tous les débats stériles autour du film nous ont quelque peu fait oublier la grandeur et beauté de cet univers où il fait si bon vivre avant l'arrivée de l’antagoniste. Oui, car après une si belle introduction, arrive le premier souci majeur du film : une paresse scénaristique étonnante pour un film qu’il a passé 10 ans pour écrire.

** **En effet, lorsque l’on quitte les Sully c’est pour découvrir des Avatar pas comme les autres et rattraper le temps perdu avec un ancien ami, j’ai nommé Capitaine Miles Quarritch. Le premier choix étonnant de Cameron est bien de faire revenir le méchant du premier film, qui après un Facetime assez bref avec son propre cadavre décide de répliquer les erreurs du passé en se lançant dans une mission inédite : tuer Jake Sully. Pourquoi ?.... Heu… Semper Fi marine !

** **Bon, tout porte à croire que lui et son fils Spider (Qui oscille entre être un acteur assez bon aux dents aiguisées au pire acteur de sa génération - voir la scène où il lance sourcil froncé “parfois le mieux… C’est de ne pas connaître son père ! Heu… j’ai rien dit.”) joueront un rôle décisif dans les suites et la prestation de Stephen Lang est toujours aussi jouissive, il n’en reste pas moins qu’il est quelque peu étonnant que le moteur du film soit ce conflit aux faibles enjeux (quasi nul, Jake est en guerre contre 10 Marines et deux hors-bords chasseurs de baleine). Comme le premier film, la faiblesse est la même et va jusqu'à s'intensifier, une opposition purement manichéenne, gentille contre les méchants d’une limpidité déroutante. Mon problème avec Avatar 1 et 2 réside en effet ici. Sans énumérer toutes les scènes où les yeux roulent, il reste étrange de voir à deux reprises Cameron miser autant sur un projet, obtenir toutes les ressources imaginables et au final faire reposer un monstre cinématographique sur des fondations scénaristiques si fragiles. Mais la vraie force de ce génie réside autre part.

** **James Cameron est indéniablement un génie. Force est de constater tout au long du film, a chaque scène d’action, plan d’exposition, goutte d’eau créer en CGI, que Cameron ne perd jamais la main, le film étant visuellement époustouflant, rythmée d’une main de maître et un divertissement originale, pensée et oui parfois déroutant, mais voilà le lot d’un pari risqué, née de l’imaginaire d’un homme au contrôle créatif totale sur ses oeuvres. Les prouesses de Jimmy sont à louer autant que ses erreurs qui font de Avatar 2 non pas le blockbuster trop maîtrisé dénué de charme mais à l'inverse un film humain, parfois con (parfois très con vraiment) mais ce mélange entre réussite totale et dialogue écrit par Vin Diesel donne un charme fou à ce film qui réussit à créer une chose vraie, non généré par ordinateur : une âme. 

** **Avatar 2 réussit donc son pari, plus humain, toujours spectaculaire et époustouflant 10 ans après. On sort du film touché, transporté, jamais insensible devant les trois heures de spectacles, et je garantie que tous spectateurs est sorti, une même question en tête : “Il sort dans deux ans le troisième ? J’ai hâte !”.