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https://twitter.com/0xTranqui/status/1547631988818841600
Par Jacob - Publié le 16 janvier 2022.
Après deux ans passés à travailler sur Zora, je me suis rendu compte à quel point notre approche était unique. Cette différence découle d’un modèle mental fondamentalement nouveau de ce qu’il est possible de faire (et de ce qui se fait déjà) grâce aux protocoles cryptographiques.
La nature des protocoles crypto ouvre la voie à de nouveaux modèles radicalement expansif pour créer des infrastructures publiques d’une valeur inestimable. Ce point de vue est si différent que je pense qu'il mérite un nouveau vocabulaire.
Dans cet essai, je présente le concept des hyperstructures : ce qu'elles sont, comment elles fonctionnent et pourquoi elles seront la base de l’internet pour les décennies à venir.

Un protocole crypto qui peut fonctionner gratuitement et pour toujours, sans ne jamais nécessiter maintenance, interruption ou intermédiaire.
Les blockchains ont permis l'émergence d'un nouveau type d'infrastructure appelé "hyperstructures".
Les hyperstructures prennent la forme de protocoles qui fonctionnent sur des blockchains. Un protocole peut être considéré comme une hyperstructure si il est :
Incoercible : personne n’est en capacité d’interrompre le protocole. Il fonctionne aussi longtemps que la blockchain sous-jacente existe.
Gratuit : il y a 0% de commission à l'échelle du protocole et il fonctionne exactement au coût de gaz.
De valeur : il accumule de la valeur qui peut être extraite par ses propriétaires.
Expansif : de par sa conception, le protocole incite naturellement de nouveaux utilisateurs à y participer.
Sans permission : universellement accessible et résistant à toute censure. Aucun développeurs ni utilisateurs ne peut être exclu de la plateforme.
À somme positive : il crée une situation de gagnant-gagnant pour les participants qui utilisent la même infrastructure.
Impartial : le protocole ne reconnaît - et donc ne discrimine ni ne favorise - aucun utilisateur
Il est important de noter que ce n'est pas parce qu'une application est basée sur un protocole qu'elle est immédiatement une hyperstructure. Par exemple, le protocole Wyvern qui est (entre autres) utilisé par Opensea ne peut pas fonctionner sans que les instructions « off-chain » (= non inscrites sur la blockchain) soient conservées dans une base de données privée. Cela signifie que si Opensea ou toute autre plateforme construite sur ce principe s'effondre, son marché s'effondre avec elle. C'est également vrai pour une plateforme comme Coinbase, qui facilite l'échange de crypto-monnaies. Si elle s'effondre, son marché s'effondre avec elle. Exemple plus subtil : si vous voyez un protocole qui est entièrement « on-chain » (= inscrit sur la blockchain) mais avec la possibilité pour les administrateurs de mettre à jour et de changer les règles du protocole, alors ce n'est pas une hyperstructure, c'est aussi une plateforme. Cela ne veut pas dire que ces exemples sont intrinsèquement mauvais, mais ce ne sont pas des hyperstructures.
Les hyperstructures sont entièrement on-chain, et sont des biens publics qui créent un écosystème à somme positive pour tous ses participants. Je vais détailler ci-dessous chacune des principales caractéristiques d'une hyperstructure.

Les infrastructures traditionnelles telles que nos réseaux électriques ou les réseaux sociaux ont besoin d'un intermédiaire de confiance pour être maintenues et utilisées - sans cela, l'infrastructure se dégraderait et/ou cesserait complètement de fonctionner. Ces opérateurs sont des organisations, privées ou publiques, qui nécessitent profits, main-d'œuvre et/ou subventions pour remplir leur rôle sur le long terme.
Car elles fonctionnent sur une blockchain, les hyperstructures peuvent fonctionner éternellement de façon incoercible, « inarrêtable » . Elles peuvent fonctionner en continu sans que personne ne soit chargé des les maintenir ni de les opérer, et ce aussi longtemps que la blockchain sous-jacente fonctionne, ce qui peut durer au moins une décennie. Les hyperstructures ne peuvent être interrompues, et c'est un super/pouvoir dont nous n'avons aucun exemple antérieur. Elles nécessitent un potentiel coût de création, puis une fois déployées, elles fonctionneront exactement comme prévu et sans se dégrader avec le temps. Aucune autre source de travail ou de capital n'est nécessaire pour maintenir l'hyperstructure. Si l'équipe fondatrice ou la plateforme construite sur l'hyperstructure venait à disparaître, elle fonctionnerait toujours exactement comme prévu et serait pleinement opérationnelle pendant des décennies. L’incoercibilité est un tout nouveau pouvoir rendu rendu possible grâce aux blockchains, et c’est un pouvoir qui, selon moi, change complètement la nature économique de l'infrastructure.
Si nous devions dézoomer d'un niveau d'abstraction, nous pourrions considérer la blockchain comme l’opérateur « trustless » de l’hyperstructure (en cryptographie, « trustless » désigne une opération ou protocole qui peut être exécuté sans nécessiter la présence d’un tiers de confiance)

Maintenant que nous avons établi que l’incoercibilité est une nouvelle caractéristique, je vais faire ma proposition la plus spéculative et la plus controversée : Les hyperstructures peuvent être à la fois gratuites pour toujours et extrêmement précieuses à posséder. Ceci est possible car elles sont garanties de fonctionner ad vitam eternam. Il n'y a aucun coût pour maintenir et garder le protocole opérationnel pour toujours. Une fois déployé, il fonctionnera exactement comme il a été conçu, sans aucune dégradation. Par exemple, si l'équipe et le site Web d'Uniswap disparaissaient aujourd'hui, le protocole fonctionnerait à perpétuité. C'est un phénomène qui n'a tout simplement jamais été possible auparavant.
Il convient de préciser que si l'hyperstructure fonctionne exactement au prix coûtant, quelqu'un doit quand même payer le coût du gaz pour la faire fonctionner au moment voulu.
Une hyperstructure peut être à la fois gratuite à utiliser et représenter une réelle valeur à être possédée et gérée. C'est un modèle de valeur que nous observons déjà avec les NFT : un média peut être universellement gratuit à consommer, mais représenter une valeur à être possédé et contrôlé par un individu ou un groupe.

Mais qu’implique le fait d’être propriétaire dans ce contexte ? La présence (et le contrôle) d'un « fee switch » qui peut être activé au sein du protocole. ( NDT : « Fee Switch » en français « interrupteur de commission » désigne dans ce contexte la capacité à activer ou désactiver une commission supplémentaire qui viendrait s’appliquer à tout le protocole). Cela crée une dynamique appelée la "menace de la commission" (en anglais « threat of the fee »). Cela signifie que les propriétaires de l'hyperstructure ont le droit d'activer cette commission à travers le protocole à tout moment via un vote. C'est une « menace de la commission », parce qu'il est destructeur de valeur à long terme de l'activer. L'activation de cette commission est destructrice de valeur car elle conduirait immédiatement à un « fork » (= nouvelle version d’un logiciel créé à partir du code source initial), puisqu'il y a maintenant une raison claire pour les nouveaux entrants de rebâtir leur version.
Ce droit de destruction est un droit de propriété, de la même manière que le propriétaire d'un NFT a le droit de « burn » (ou « destruction ») sur son NFT. Un acteur rationnel ne le fera pas, mais il peut le faire s'il le souhaite. À mon avis, ce droit de détruire crée une force de marché naturelle qui lui attribue une réelle valeur monétaire, puisque les gens voudront protéger cette valeur et ce pouvoir accessible à n’importe qui.
Le droit de vendre et de transférer ce « fee switch » est également un autre droit de propriété. La capacité à vendre et à transférer ce « fee switch » est un moyen direct pour le marché de l’échanger et donc d’en l'évaluer la valeur. La DAO peut également choisir de vendre ce « fee switch » à un acteur tiers, ce qui crée un prix, et donc une valeur qui peut être détenue.
En plus du droit d'activer et de bénéficier d’une commission sur le protocole, on peut imaginer d'autres droits de propriété. Comme par exemple le droit de déployer de nouvelles versions du protocoles, ou encore un droit de gouvernance sur la trésorerie de la DAO dans le but de financer un écosystème autour du projet.
Il existe une différence subtile entre le profit et la valeur, et par extension entre l'extraction de profits et la création de valeur. S'il est tout à fait possible d'extraire des bénéfices à court terme, cela rentre probablement en conflit direct avec le succès à long terme et la création de valeur. J'irais même jusqu'à dire que le fait d'être "à but lucratif" est un mode de fonctionnement skeuomorphique, et conduit à un optimum local qui ignore les plus importantes opportunités liées à un large écosystème de plateformes diversifié bâti par dessus votre protocole. La propriété via un token et l’incoercibilité du protocole combinées rendent la création de valeur possible. L’extraction de profit devient obsolète. Nous pouvons créer des biens publics, à but non-lucratifs, avec un nouveau système de valeur. Ce qui signifie que la valeur créée par une hyperstructure dépasse de loin tous les bénéfices pouvant être extraits sur le court-terme. Cette valeur est directement liée à la valeur que l’hyperstructure apporte à la société dans son ensemble.

Les hyperstructures ont des commissions expansives - des incitations monétaires pour toute personne ajoutant de la valeur au protocole. Ces commissions sont transparentes et accessibles à l'ensemble de l'écosystème. Pour bénéficier de ces commissions, vous devez fournir une valeur ajoutée telle que définie par le protocole. La présence de ces incitations represente un mécanisme d’expansion pour l'hyperstructure et sa communauté. Le bon choix et l’intégration des ces commissions au sein du protocole est probablement critique pour la longévité de celui-ci.
La commission LP d'Uniswap constitue un excellent exemple de commission expansive. La commission LP incite les participants à fournir la ressource clé - la liquidité. Ces commissions sont versées à toute personne qui fournit de la liquidité à une pool, elles ne sont pas versées à Uniswap. Les LP élargissent l'utilité d'Uniswap, mais ils ne sont pas les seuls à pouvoir fournir cette utilité et un LP ne capture que la valeur qu'il a créé.
Un autre exemple est le Zora Finder's Fee (= « commission d’intermédiation »), qui incite les participants à fournir une ressource clé - la distribution. Cette commission est versée à toute personne qui trouve l’enchérisseur gagnant ou l'acheteur éventuel d'un NFT. Les Finders augmentent l'utilité de Zora, et ils n'ont pas le monopole des marchés NFT affichés, un Finder ne capte que la valeur qu'il crée.
Dans les hyperstructures, valeur capturée par un participant est synonyme de valeur générée. L'inverse est également vrai, si un tiers ou une entité est capable d'extraire librement de la valeur du protocole (sans création directe de valeur), alors le système n'est pas une hyperstructure.

L'absence de permission est une garantie propre aux protocoles cryptographiques déployés sur les blockchains. L'absence de permission signifie qu'une hyperstructure :
Est universellement accessible, tout le monde peut l'utiliser sans aucune discrimination.
Est incapable de modifier son mode de fonctionnement de base.
Le fait d'être sans permission signifie que chacun peut construire en toute confiance ses propres plateformes, applications et modèles économiques sur l'hyperstructure sans risque de se retrouver exclu de la plateforme. Aucune clé d'API n'est requise et il n'y a aucune crainte que la plateforme puisse soudainement mettre fin à l'ensemble de votre projet sur un coup de tête.

De même, cela offre une résistance à la censure au niveau individuel, car il n'y a pas d'arbitre ou d'entité centrale qui peut décider de vous restreindre l'accès à l'infrastructure.

En raison de leur absence d'autorisation et qu’elles ne puissent pas être interrompues, les hyperstructures sont impartiales.
Elles sont agnostiques vis-à-vis de l'utilisateur. En d'autres termes, elles ne font aucune discrimination en faveur ou à l'encontre de certaines personnes et traitent tout le monde de manière équitable. Les hyperstructures sont accessibles à tous et chacun peut les utiliser, les construire et les intégrer à ses propres systèmes, sans risque d’être déplateformé ou exclus. Les hyperstructures traitent chaque participant de manière équitable, dans la mesure où il est possible de traiter les gens de manière équitable dans un monde où les capacités et les besoins de chacun sont si différents (Buterin, 2020).

Parce qu'elles sont gratuites, expansives, incoercibles, sans permission et impartiales, les hyperstructures créent un environnement à somme positive.
Car elles sont gratuites pour toujours, elles n'incitent personne à reproduire les mêmes fonctionnalités ailleurs, car cela ne permettrait ni de capturer de valeur additionnelle ni de minimiser les risques. Au niveau sociétal, une hyperstructure ne doit être construite qu'une seule fois. Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas d'incitation à innover, les gens seront toujours incités à créer une alternative avec des fonctionnalités supérieures et différentes. Mais se contenter de développer un « fork » d’une hyperstructure qui aurait la même utilité ne présentera aucun avantage.
Car elles sont expansives via des commissions, les hyperstructures permettent aux participants de profiter directement de la valeur qu'ils créent pour le système sans avoir à entrer en concurrence avec le système lui-même.
Car elles ne peuvent être interrompues, il n'y a pas de risque pour les participants qui dépendent du système pour fonctionner. Ils peuvent se greffer au système sans avoir à le reconstruire et à le faire fonctionner eux-mêmes.
Car elles sont sans permission, il est garanti que toutes toutes les conditions ci-dessus resteront inchangées. Il n'est donc une fois de plus pas nécessaire de reconstruire le système soi-même. Il suffit de construire par dessus l’infrastructure existante et de tirer profit de la valeur unique que vous apportez au système.
Car elles sont impartiales, aucun groupe ou communauté n'est exclu, ce qui signifie à nouveau qu'il n'y a aucune raison de le reconstruire si le système satisfait vos besoins.
Tout cela signifie que vous permettez de se développer un riche écosystème de participants potentiellement compétitifs qui utilisent la même infrastructure, bénéficiant tous d’un effet de réseau et d’une liquidité commune.

J'écrirai plus en détail sur les spécificités de la construction d'une hyperstructure au fil du temps - nous continuons à apprendre au fur et à mesure à Zora - mais voici quelques réflexions rapides qui méritent d'être mentionnées ici :
Les hyperstructures sont faites pour alimenter des millions d'interfaces, pas une seule : lorsque vous créez un mécanisme ou une fonctionnalité au niveau du protocole, assurez-vous qu'elle soit aussi générique que possible.
Utilisez les commissions comme un moyen d'étendre l'écosystème, et non d'en extraire des profits : s'il est possible d'extraire de la valeur à court terme, il s'agit peut-être d'un optimum local qui passe à côté des opportunités plus larges qui découlent d'un écosystème de diverses plateformes construites sur votre protocole.
Concentrez votre approche de développe sur le protocole : concentrez-vous sur l'adoption par les développeurs, afin de créer autant d'intégrations que possible - un effet de réseau important renforce l’hyperstructure comme la solution par défaut.
Créez de la liquidité : la liquidité on-chain permet aux autres entrants de rejoindre l'écosystème, ce qui profite à tout le monde. La liquidité constitue un effet de réseau essentiel qui réduit également la capacité/incitation au fork.
Propriété lorsque c'est possible, gouvernance lorsque c'est nécessaire : N’autorisez les utilisateurs à être propriétaires et souverain sur votre protocole uniquement là où c'est absolument nécessaire. Si l'un ou l'autre est trop présent, l'hyperstructure risque d'être faussée ou attaquée par une entité malveillante.
Le cycle de développement est long : le déploiement de protocoles de cette manière s'apparente davantage à la création de hardware qu'à celle de software. Il y a de longues périodes de développement, des migrations à forte friction et une barrière à l’entrée très haute pour le déploiement.

Compte tenu de leur nature immuable et permanente, nous avons la possibilité de créer des infrastructures civilisationnelles qui pourront nous survivre - comme le sont d’autres infrastructures comme internet
Nous n'avons jamais eu les outils nécessaires pour créer de telles infrastructures logicielles capable de fonctionner telle qu’elles ont été conçues durant des générations sans jamais se dégrader ni tomber dans la tragédie des biens communs. Nous sommes à un moment unique de cette génération et nous avons l’immense privilège d’être les premiers à pouvoir construire ces infrastructures.
Pour chaque service financier, je dirais que nous verrons probablement émerger une hyperstructure dédiée : bourses d’échanges, marketplaces, lending pools, options, etc. On pourrait dire la même chose des services publics non financiers qui sont actuellement aux mains du web2 et des GAFAM, comme les noms de domaine, les registres, l'identité, la curation, les tags, la réputation, les emojis, les accusés de réception, etc. Internet tout entier est en train d'être reconstruit sous le prisme du web3, avec la crypto et la blockchain en son cœur - nous avons aujourd’hui l'opportunité de rebâtir et de repenser les fonctionnalités d’Internet et cette fois-ci en se libérant du contrôle d’organismes privé. Et au delà de cette reconstruction, nous avons l’opportunité de créer de nouvelles fonctionnalités qui n'étaient tout simplement pas possibles auparavant.

L'échelle, l'importance et l'ambition de ces pièces d'infrastructure finiront par susciter l'émerveillement, comme le font les musées, les réseaux électriques, les canaux, les barrages et les anciennes routes. Les hyperstructures atteindront une échelle jamais vue auparavant, et pourront dépasser en importance les réseaux sociaux actuelles. Elles seront également jugées sur leur disponibilité et leur utilité sur une longue période. Une vision à long terme est essentielle lors de la conception d'une hyperstructure, ce qui fait souvent défaut dans le monde du web3, obsédé par le profit à court terme.
En raison de leur nature immuable et permanente, nous devons les créer dès le début de manière optimiste et dans leur forme la plus pure, la plus libre et la plus belle. Ces hyperstructures pourraient très bien être utilisées par nos petits-enfants. Nous avons donc la responsabilité de les construire en pensant à eux, et nous devons les rendre fiers.

Il est désormais possible de créer des hyperstructures qui fonctionnent gratuitement, pour toujours. Nous devons donc utiliser cet extrême logique comme point de départ, et non pas l'éviter ou l'ignorer. Tout nouveau paradigme s’accompagne inévitablement de nouveaux systèmes de valeurs, et avec les hyperstructures, nous avons la possibilité de créer des biens publics qui resteront gratuits pour toujours, tout en récompensant les développeurs et les participants qui auront créé et contribué à ces systèmes qui servent la société dans son ensemble pendant de nombreuses années à venir - Il me semble que ce monde futur vaut la peine d’être construit et exploré.

Positive Sum Worlds: Remaking Public Goods par Toby Shorin, Sam Hart, Laura Lotti
Credible Neutrality par Vitalik Buterin
The Network State par Balaji Srinivasan
Website clock: Canary Yellow par Virgil Abloh
Site structure & CSS: Other Internet
Manhattan Island par Herbie Hancock
history of the entire world, i guess par Bill Wurz
Nous construisons une hyperstructure sous la forme de Zora, le protocole de marketplace pour l'Internet. Nous recrutons au Zora Labs et recherchons des contributeurs pour la Zora DAO, contactez-moi sur Twitter si vous êtes intéressé.
⌐◨-◨ 2022 jacob ❍
Traduction par @victormustin | victormustin.eth
https://twitter.com/0xTranqui/status/1547631988818841600
Par Jacob - Publié le 16 janvier 2022.
Après deux ans passés à travailler sur Zora, je me suis rendu compte à quel point notre approche était unique. Cette différence découle d’un modèle mental fondamentalement nouveau de ce qu’il est possible de faire (et de ce qui se fait déjà) grâce aux protocoles cryptographiques.
La nature des protocoles crypto ouvre la voie à de nouveaux modèles radicalement expansif pour créer des infrastructures publiques d’une valeur inestimable. Ce point de vue est si différent que je pense qu'il mérite un nouveau vocabulaire.
Dans cet essai, je présente le concept des hyperstructures : ce qu'elles sont, comment elles fonctionnent et pourquoi elles seront la base de l’internet pour les décennies à venir.

Un protocole crypto qui peut fonctionner gratuitement et pour toujours, sans ne jamais nécessiter maintenance, interruption ou intermédiaire.
Les blockchains ont permis l'émergence d'un nouveau type d'infrastructure appelé "hyperstructures".
Les hyperstructures prennent la forme de protocoles qui fonctionnent sur des blockchains. Un protocole peut être considéré comme une hyperstructure si il est :
Incoercible : personne n’est en capacité d’interrompre le protocole. Il fonctionne aussi longtemps que la blockchain sous-jacente existe.
Gratuit : il y a 0% de commission à l'échelle du protocole et il fonctionne exactement au coût de gaz.
De valeur : il accumule de la valeur qui peut être extraite par ses propriétaires.
Expansif : de par sa conception, le protocole incite naturellement de nouveaux utilisateurs à y participer.
Sans permission : universellement accessible et résistant à toute censure. Aucun développeurs ni utilisateurs ne peut être exclu de la plateforme.
À somme positive : il crée une situation de gagnant-gagnant pour les participants qui utilisent la même infrastructure.
Impartial : le protocole ne reconnaît - et donc ne discrimine ni ne favorise - aucun utilisateur
Il est important de noter que ce n'est pas parce qu'une application est basée sur un protocole qu'elle est immédiatement une hyperstructure. Par exemple, le protocole Wyvern qui est (entre autres) utilisé par Opensea ne peut pas fonctionner sans que les instructions « off-chain » (= non inscrites sur la blockchain) soient conservées dans une base de données privée. Cela signifie que si Opensea ou toute autre plateforme construite sur ce principe s'effondre, son marché s'effondre avec elle. C'est également vrai pour une plateforme comme Coinbase, qui facilite l'échange de crypto-monnaies. Si elle s'effondre, son marché s'effondre avec elle. Exemple plus subtil : si vous voyez un protocole qui est entièrement « on-chain » (= inscrit sur la blockchain) mais avec la possibilité pour les administrateurs de mettre à jour et de changer les règles du protocole, alors ce n'est pas une hyperstructure, c'est aussi une plateforme. Cela ne veut pas dire que ces exemples sont intrinsèquement mauvais, mais ce ne sont pas des hyperstructures.
Les hyperstructures sont entièrement on-chain, et sont des biens publics qui créent un écosystème à somme positive pour tous ses participants. Je vais détailler ci-dessous chacune des principales caractéristiques d'une hyperstructure.

Les infrastructures traditionnelles telles que nos réseaux électriques ou les réseaux sociaux ont besoin d'un intermédiaire de confiance pour être maintenues et utilisées - sans cela, l'infrastructure se dégraderait et/ou cesserait complètement de fonctionner. Ces opérateurs sont des organisations, privées ou publiques, qui nécessitent profits, main-d'œuvre et/ou subventions pour remplir leur rôle sur le long terme.
Car elles fonctionnent sur une blockchain, les hyperstructures peuvent fonctionner éternellement de façon incoercible, « inarrêtable » . Elles peuvent fonctionner en continu sans que personne ne soit chargé des les maintenir ni de les opérer, et ce aussi longtemps que la blockchain sous-jacente fonctionne, ce qui peut durer au moins une décennie. Les hyperstructures ne peuvent être interrompues, et c'est un super/pouvoir dont nous n'avons aucun exemple antérieur. Elles nécessitent un potentiel coût de création, puis une fois déployées, elles fonctionneront exactement comme prévu et sans se dégrader avec le temps. Aucune autre source de travail ou de capital n'est nécessaire pour maintenir l'hyperstructure. Si l'équipe fondatrice ou la plateforme construite sur l'hyperstructure venait à disparaître, elle fonctionnerait toujours exactement comme prévu et serait pleinement opérationnelle pendant des décennies. L’incoercibilité est un tout nouveau pouvoir rendu rendu possible grâce aux blockchains, et c’est un pouvoir qui, selon moi, change complètement la nature économique de l'infrastructure.
Si nous devions dézoomer d'un niveau d'abstraction, nous pourrions considérer la blockchain comme l’opérateur « trustless » de l’hyperstructure (en cryptographie, « trustless » désigne une opération ou protocole qui peut être exécuté sans nécessiter la présence d’un tiers de confiance)

Maintenant que nous avons établi que l’incoercibilité est une nouvelle caractéristique, je vais faire ma proposition la plus spéculative et la plus controversée : Les hyperstructures peuvent être à la fois gratuites pour toujours et extrêmement précieuses à posséder. Ceci est possible car elles sont garanties de fonctionner ad vitam eternam. Il n'y a aucun coût pour maintenir et garder le protocole opérationnel pour toujours. Une fois déployé, il fonctionnera exactement comme il a été conçu, sans aucune dégradation. Par exemple, si l'équipe et le site Web d'Uniswap disparaissaient aujourd'hui, le protocole fonctionnerait à perpétuité. C'est un phénomène qui n'a tout simplement jamais été possible auparavant.
Il convient de préciser que si l'hyperstructure fonctionne exactement au prix coûtant, quelqu'un doit quand même payer le coût du gaz pour la faire fonctionner au moment voulu.
Une hyperstructure peut être à la fois gratuite à utiliser et représenter une réelle valeur à être possédée et gérée. C'est un modèle de valeur que nous observons déjà avec les NFT : un média peut être universellement gratuit à consommer, mais représenter une valeur à être possédé et contrôlé par un individu ou un groupe.

Mais qu’implique le fait d’être propriétaire dans ce contexte ? La présence (et le contrôle) d'un « fee switch » qui peut être activé au sein du protocole. ( NDT : « Fee Switch » en français « interrupteur de commission » désigne dans ce contexte la capacité à activer ou désactiver une commission supplémentaire qui viendrait s’appliquer à tout le protocole). Cela crée une dynamique appelée la "menace de la commission" (en anglais « threat of the fee »). Cela signifie que les propriétaires de l'hyperstructure ont le droit d'activer cette commission à travers le protocole à tout moment via un vote. C'est une « menace de la commission », parce qu'il est destructeur de valeur à long terme de l'activer. L'activation de cette commission est destructrice de valeur car elle conduirait immédiatement à un « fork » (= nouvelle version d’un logiciel créé à partir du code source initial), puisqu'il y a maintenant une raison claire pour les nouveaux entrants de rebâtir leur version.
Ce droit de destruction est un droit de propriété, de la même manière que le propriétaire d'un NFT a le droit de « burn » (ou « destruction ») sur son NFT. Un acteur rationnel ne le fera pas, mais il peut le faire s'il le souhaite. À mon avis, ce droit de détruire crée une force de marché naturelle qui lui attribue une réelle valeur monétaire, puisque les gens voudront protéger cette valeur et ce pouvoir accessible à n’importe qui.
Le droit de vendre et de transférer ce « fee switch » est également un autre droit de propriété. La capacité à vendre et à transférer ce « fee switch » est un moyen direct pour le marché de l’échanger et donc d’en l'évaluer la valeur. La DAO peut également choisir de vendre ce « fee switch » à un acteur tiers, ce qui crée un prix, et donc une valeur qui peut être détenue.
En plus du droit d'activer et de bénéficier d’une commission sur le protocole, on peut imaginer d'autres droits de propriété. Comme par exemple le droit de déployer de nouvelles versions du protocoles, ou encore un droit de gouvernance sur la trésorerie de la DAO dans le but de financer un écosystème autour du projet.
Il existe une différence subtile entre le profit et la valeur, et par extension entre l'extraction de profits et la création de valeur. S'il est tout à fait possible d'extraire des bénéfices à court terme, cela rentre probablement en conflit direct avec le succès à long terme et la création de valeur. J'irais même jusqu'à dire que le fait d'être "à but lucratif" est un mode de fonctionnement skeuomorphique, et conduit à un optimum local qui ignore les plus importantes opportunités liées à un large écosystème de plateformes diversifié bâti par dessus votre protocole. La propriété via un token et l’incoercibilité du protocole combinées rendent la création de valeur possible. L’extraction de profit devient obsolète. Nous pouvons créer des biens publics, à but non-lucratifs, avec un nouveau système de valeur. Ce qui signifie que la valeur créée par une hyperstructure dépasse de loin tous les bénéfices pouvant être extraits sur le court-terme. Cette valeur est directement liée à la valeur que l’hyperstructure apporte à la société dans son ensemble.

Les hyperstructures ont des commissions expansives - des incitations monétaires pour toute personne ajoutant de la valeur au protocole. Ces commissions sont transparentes et accessibles à l'ensemble de l'écosystème. Pour bénéficier de ces commissions, vous devez fournir une valeur ajoutée telle que définie par le protocole. La présence de ces incitations represente un mécanisme d’expansion pour l'hyperstructure et sa communauté. Le bon choix et l’intégration des ces commissions au sein du protocole est probablement critique pour la longévité de celui-ci.
La commission LP d'Uniswap constitue un excellent exemple de commission expansive. La commission LP incite les participants à fournir la ressource clé - la liquidité. Ces commissions sont versées à toute personne qui fournit de la liquidité à une pool, elles ne sont pas versées à Uniswap. Les LP élargissent l'utilité d'Uniswap, mais ils ne sont pas les seuls à pouvoir fournir cette utilité et un LP ne capture que la valeur qu'il a créé.
Un autre exemple est le Zora Finder's Fee (= « commission d’intermédiation »), qui incite les participants à fournir une ressource clé - la distribution. Cette commission est versée à toute personne qui trouve l’enchérisseur gagnant ou l'acheteur éventuel d'un NFT. Les Finders augmentent l'utilité de Zora, et ils n'ont pas le monopole des marchés NFT affichés, un Finder ne capte que la valeur qu'il crée.
Dans les hyperstructures, valeur capturée par un participant est synonyme de valeur générée. L'inverse est également vrai, si un tiers ou une entité est capable d'extraire librement de la valeur du protocole (sans création directe de valeur), alors le système n'est pas une hyperstructure.

L'absence de permission est une garantie propre aux protocoles cryptographiques déployés sur les blockchains. L'absence de permission signifie qu'une hyperstructure :
Est universellement accessible, tout le monde peut l'utiliser sans aucune discrimination.
Est incapable de modifier son mode de fonctionnement de base.
Le fait d'être sans permission signifie que chacun peut construire en toute confiance ses propres plateformes, applications et modèles économiques sur l'hyperstructure sans risque de se retrouver exclu de la plateforme. Aucune clé d'API n'est requise et il n'y a aucune crainte que la plateforme puisse soudainement mettre fin à l'ensemble de votre projet sur un coup de tête.

De même, cela offre une résistance à la censure au niveau individuel, car il n'y a pas d'arbitre ou d'entité centrale qui peut décider de vous restreindre l'accès à l'infrastructure.

En raison de leur absence d'autorisation et qu’elles ne puissent pas être interrompues, les hyperstructures sont impartiales.
Elles sont agnostiques vis-à-vis de l'utilisateur. En d'autres termes, elles ne font aucune discrimination en faveur ou à l'encontre de certaines personnes et traitent tout le monde de manière équitable. Les hyperstructures sont accessibles à tous et chacun peut les utiliser, les construire et les intégrer à ses propres systèmes, sans risque d’être déplateformé ou exclus. Les hyperstructures traitent chaque participant de manière équitable, dans la mesure où il est possible de traiter les gens de manière équitable dans un monde où les capacités et les besoins de chacun sont si différents (Buterin, 2020).

Parce qu'elles sont gratuites, expansives, incoercibles, sans permission et impartiales, les hyperstructures créent un environnement à somme positive.
Car elles sont gratuites pour toujours, elles n'incitent personne à reproduire les mêmes fonctionnalités ailleurs, car cela ne permettrait ni de capturer de valeur additionnelle ni de minimiser les risques. Au niveau sociétal, une hyperstructure ne doit être construite qu'une seule fois. Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas d'incitation à innover, les gens seront toujours incités à créer une alternative avec des fonctionnalités supérieures et différentes. Mais se contenter de développer un « fork » d’une hyperstructure qui aurait la même utilité ne présentera aucun avantage.
Car elles sont expansives via des commissions, les hyperstructures permettent aux participants de profiter directement de la valeur qu'ils créent pour le système sans avoir à entrer en concurrence avec le système lui-même.
Car elles ne peuvent être interrompues, il n'y a pas de risque pour les participants qui dépendent du système pour fonctionner. Ils peuvent se greffer au système sans avoir à le reconstruire et à le faire fonctionner eux-mêmes.
Car elles sont sans permission, il est garanti que toutes toutes les conditions ci-dessus resteront inchangées. Il n'est donc une fois de plus pas nécessaire de reconstruire le système soi-même. Il suffit de construire par dessus l’infrastructure existante et de tirer profit de la valeur unique que vous apportez au système.
Car elles sont impartiales, aucun groupe ou communauté n'est exclu, ce qui signifie à nouveau qu'il n'y a aucune raison de le reconstruire si le système satisfait vos besoins.
Tout cela signifie que vous permettez de se développer un riche écosystème de participants potentiellement compétitifs qui utilisent la même infrastructure, bénéficiant tous d’un effet de réseau et d’une liquidité commune.

J'écrirai plus en détail sur les spécificités de la construction d'une hyperstructure au fil du temps - nous continuons à apprendre au fur et à mesure à Zora - mais voici quelques réflexions rapides qui méritent d'être mentionnées ici :
Les hyperstructures sont faites pour alimenter des millions d'interfaces, pas une seule : lorsque vous créez un mécanisme ou une fonctionnalité au niveau du protocole, assurez-vous qu'elle soit aussi générique que possible.
Utilisez les commissions comme un moyen d'étendre l'écosystème, et non d'en extraire des profits : s'il est possible d'extraire de la valeur à court terme, il s'agit peut-être d'un optimum local qui passe à côté des opportunités plus larges qui découlent d'un écosystème de diverses plateformes construites sur votre protocole.
Concentrez votre approche de développe sur le protocole : concentrez-vous sur l'adoption par les développeurs, afin de créer autant d'intégrations que possible - un effet de réseau important renforce l’hyperstructure comme la solution par défaut.
Créez de la liquidité : la liquidité on-chain permet aux autres entrants de rejoindre l'écosystème, ce qui profite à tout le monde. La liquidité constitue un effet de réseau essentiel qui réduit également la capacité/incitation au fork.
Propriété lorsque c'est possible, gouvernance lorsque c'est nécessaire : N’autorisez les utilisateurs à être propriétaires et souverain sur votre protocole uniquement là où c'est absolument nécessaire. Si l'un ou l'autre est trop présent, l'hyperstructure risque d'être faussée ou attaquée par une entité malveillante.
Le cycle de développement est long : le déploiement de protocoles de cette manière s'apparente davantage à la création de hardware qu'à celle de software. Il y a de longues périodes de développement, des migrations à forte friction et une barrière à l’entrée très haute pour le déploiement.

Compte tenu de leur nature immuable et permanente, nous avons la possibilité de créer des infrastructures civilisationnelles qui pourront nous survivre - comme le sont d’autres infrastructures comme internet
Nous n'avons jamais eu les outils nécessaires pour créer de telles infrastructures logicielles capable de fonctionner telle qu’elles ont été conçues durant des générations sans jamais se dégrader ni tomber dans la tragédie des biens communs. Nous sommes à un moment unique de cette génération et nous avons l’immense privilège d’être les premiers à pouvoir construire ces infrastructures.
Pour chaque service financier, je dirais que nous verrons probablement émerger une hyperstructure dédiée : bourses d’échanges, marketplaces, lending pools, options, etc. On pourrait dire la même chose des services publics non financiers qui sont actuellement aux mains du web2 et des GAFAM, comme les noms de domaine, les registres, l'identité, la curation, les tags, la réputation, les emojis, les accusés de réception, etc. Internet tout entier est en train d'être reconstruit sous le prisme du web3, avec la crypto et la blockchain en son cœur - nous avons aujourd’hui l'opportunité de rebâtir et de repenser les fonctionnalités d’Internet et cette fois-ci en se libérant du contrôle d’organismes privé. Et au delà de cette reconstruction, nous avons l’opportunité de créer de nouvelles fonctionnalités qui n'étaient tout simplement pas possibles auparavant.

L'échelle, l'importance et l'ambition de ces pièces d'infrastructure finiront par susciter l'émerveillement, comme le font les musées, les réseaux électriques, les canaux, les barrages et les anciennes routes. Les hyperstructures atteindront une échelle jamais vue auparavant, et pourront dépasser en importance les réseaux sociaux actuelles. Elles seront également jugées sur leur disponibilité et leur utilité sur une longue période. Une vision à long terme est essentielle lors de la conception d'une hyperstructure, ce qui fait souvent défaut dans le monde du web3, obsédé par le profit à court terme.
En raison de leur nature immuable et permanente, nous devons les créer dès le début de manière optimiste et dans leur forme la plus pure, la plus libre et la plus belle. Ces hyperstructures pourraient très bien être utilisées par nos petits-enfants. Nous avons donc la responsabilité de les construire en pensant à eux, et nous devons les rendre fiers.

Il est désormais possible de créer des hyperstructures qui fonctionnent gratuitement, pour toujours. Nous devons donc utiliser cet extrême logique comme point de départ, et non pas l'éviter ou l'ignorer. Tout nouveau paradigme s’accompagne inévitablement de nouveaux systèmes de valeurs, et avec les hyperstructures, nous avons la possibilité de créer des biens publics qui resteront gratuits pour toujours, tout en récompensant les développeurs et les participants qui auront créé et contribué à ces systèmes qui servent la société dans son ensemble pendant de nombreuses années à venir - Il me semble que ce monde futur vaut la peine d’être construit et exploré.

Positive Sum Worlds: Remaking Public Goods par Toby Shorin, Sam Hart, Laura Lotti
Credible Neutrality par Vitalik Buterin
The Network State par Balaji Srinivasan
Website clock: Canary Yellow par Virgil Abloh
Site structure & CSS: Other Internet
Manhattan Island par Herbie Hancock
history of the entire world, i guess par Bill Wurz
Nous construisons une hyperstructure sous la forme de Zora, le protocole de marketplace pour l'Internet. Nous recrutons au Zora Labs et recherchons des contributeurs pour la Zora DAO, contactez-moi sur Twitter si vous êtes intéressé.
⌐◨-◨ 2022 jacob ❍
Traduction par @victormustin | victormustin.eth
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