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« Pendant le repas, Jésus prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit ; puis, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps ». Puis, il prit une coupe et, après avoir rendu grâce, il la leur donna en disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés. » Mathieu (26, 26-28)
Je me souviens de la première fois que j’ai entendu ce verset. Je devais avoir moins de 10 ans et la télé passait un film sur la vie de Jésus. Enfant né à la fin des années 90, cette boîte à image a joué un rôle de choix dans mon éducation, surtout dans la représentation que je me suis faite du monde. Autant dire que voir tous ces caucasiens chevelus autour d’une table a eu un impact considérable sur mon esprit en formation : Jésus et ses disciples devaient avoir la même tronche. Ma passion pour l’art m’emmena à croiser cette “Cène” du dernier repas du Christ à plusieurs reprises, provoquant chez moi une fascination grandissante. Tant pour son esthétisme que pour la place de pierre fondatrice qu’elle occupe dans l’édifice de la tradition chrétienne, à l’intérieur duquel repose ma foi. Et un jour, il y a eu ce message.
Bro je veux qu’on reproduise la Cène
JD, qui répond également au blaze de Blvckvrtist, est un photographe que je connais depuis un bon moment déjà. Ayant travaillé à plusieurs reprises avec lui, je suis familier des thèmes qu’il a l’habitude d’aborder. Son message ne m’étonna donc pas. Néanmoins, l’idée derrière la photo me fit sourire, car au-delà de vouloir produire une simple image, Blvckvrtist désirait avant tout s’attaquer à l’épineuse question de la représentation du Christ. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a réussi son coup.

En effet, sur le plan purement artistique, Blvckvrtist nous prouve la maitrise de son art. Le souffle hybride qui donne habituellement vie à ses œuvres est plus que jamais marqué. La reprise des codes culturels africain, combinés à l’iconographie chrétienne en est la manifestation la plus évidente. Des anges volent au-dessus de modèles vêtus de tunique africaine, mangent sur une nappe d’Adinkra. La Cène est colorée et vivante. Elle soulève à merveille le questionnement que Jésus et ses disciples portent sur leur peau : Quelle est la couleur de la sainteté ?
La question de la couleur des acteurs de la cène a fait couler beaucoup d’encre, de salive et de seaux de peinture à travers l’histoire. Loin d’être une obsession Afrocentrique comme beaucoup le pense, celle-ci met en lumière le problème de la représentation des figures religieuses. Rappelez-vous le gamin en construction que j’étais, pour qui les blancs de la télévision étaient les images parfaites des icônes du Christianisme. Cette idée du Jésus “ Blofouè” m’accompagna durant une grande partie de ma jeune vie, jouant un rôle déterminant dans ma foi et mon rapport à la couleur de peau. Elle ne fut détruite qu’à coup de lecture et de recherche bien plus tard.
Le nouveau testament ne donne aucune description physique du Christ. De ce fait, toutes les représentations qui nous sont parvenues depuis des siècles reposent en grande partie sur des œuvres artistiques, reposant elles-mêmes sur des stéréotypes ou des idéologies. Ces représentations dont le but principal est de souligner le caractère salvateur du Christ, ont à maintes reprises servit d’outil d’aliénation. Dans le cas du peuple noir, l’utilisation de la figure caucasienne du Christ a permis de justifier la Pseudo supériorité blanche. Ainsi en faisant croire aux noires que le sauveur de l’humanité est blanc, ceux-ci seraient plus aptes à accepter de se faire sauver par la colonisation blanche.
Loin d’être une simple image, le Jésus blanc a été une arme de domination culturelle au fil des ages. En reprenant cette Cène, JD manifeste la volonté de l’Afrique de se libérer des chaines de l’aliénation. En jouant avec les codes, il met à nue les rapports de forces historiques. Car finalement peu importe la foi et la religion, l’Afrique reste le berceau de la connaissance religieuse.
« Pendant le repas, Jésus prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit ; puis, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps ». Puis, il prit une coupe et, après avoir rendu grâce, il la leur donna en disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés. » Mathieu (26, 26-28)
Je me souviens de la première fois que j’ai entendu ce verset. Je devais avoir moins de 10 ans et la télé passait un film sur la vie de Jésus. Enfant né à la fin des années 90, cette boîte à image a joué un rôle de choix dans mon éducation, surtout dans la représentation que je me suis faite du monde. Autant dire que voir tous ces caucasiens chevelus autour d’une table a eu un impact considérable sur mon esprit en formation : Jésus et ses disciples devaient avoir la même tronche. Ma passion pour l’art m’emmena à croiser cette “Cène” du dernier repas du Christ à plusieurs reprises, provoquant chez moi une fascination grandissante. Tant pour son esthétisme que pour la place de pierre fondatrice qu’elle occupe dans l’édifice de la tradition chrétienne, à l’intérieur duquel repose ma foi. Et un jour, il y a eu ce message.
Bro je veux qu’on reproduise la Cène
JD, qui répond également au blaze de Blvckvrtist, est un photographe que je connais depuis un bon moment déjà. Ayant travaillé à plusieurs reprises avec lui, je suis familier des thèmes qu’il a l’habitude d’aborder. Son message ne m’étonna donc pas. Néanmoins, l’idée derrière la photo me fit sourire, car au-delà de vouloir produire une simple image, Blvckvrtist désirait avant tout s’attaquer à l’épineuse question de la représentation du Christ. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a réussi son coup.

En effet, sur le plan purement artistique, Blvckvrtist nous prouve la maitrise de son art. Le souffle hybride qui donne habituellement vie à ses œuvres est plus que jamais marqué. La reprise des codes culturels africain, combinés à l’iconographie chrétienne en est la manifestation la plus évidente. Des anges volent au-dessus de modèles vêtus de tunique africaine, mangent sur une nappe d’Adinkra. La Cène est colorée et vivante. Elle soulève à merveille le questionnement que Jésus et ses disciples portent sur leur peau : Quelle est la couleur de la sainteté ?
La question de la couleur des acteurs de la cène a fait couler beaucoup d’encre, de salive et de seaux de peinture à travers l’histoire. Loin d’être une obsession Afrocentrique comme beaucoup le pense, celle-ci met en lumière le problème de la représentation des figures religieuses. Rappelez-vous le gamin en construction que j’étais, pour qui les blancs de la télévision étaient les images parfaites des icônes du Christianisme. Cette idée du Jésus “ Blofouè” m’accompagna durant une grande partie de ma jeune vie, jouant un rôle déterminant dans ma foi et mon rapport à la couleur de peau. Elle ne fut détruite qu’à coup de lecture et de recherche bien plus tard.
Le nouveau testament ne donne aucune description physique du Christ. De ce fait, toutes les représentations qui nous sont parvenues depuis des siècles reposent en grande partie sur des œuvres artistiques, reposant elles-mêmes sur des stéréotypes ou des idéologies. Ces représentations dont le but principal est de souligner le caractère salvateur du Christ, ont à maintes reprises servit d’outil d’aliénation. Dans le cas du peuple noir, l’utilisation de la figure caucasienne du Christ a permis de justifier la Pseudo supériorité blanche. Ainsi en faisant croire aux noires que le sauveur de l’humanité est blanc, ceux-ci seraient plus aptes à accepter de se faire sauver par la colonisation blanche.
Loin d’être une simple image, le Jésus blanc a été une arme de domination culturelle au fil des ages. En reprenant cette Cène, JD manifeste la volonté de l’Afrique de se libérer des chaines de l’aliénation. En jouant avec les codes, il met à nue les rapports de forces historiques. Car finalement peu importe la foi et la religion, l’Afrique reste le berceau de la connaissance religieuse.
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