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La Nature n’est qu’un dictionnaire, disait jadis le maître des Fleurs du Mal. Aujourd'hui, ce dictionnaire s'est dilaté aux dimensions d'un cosmos de silicium. Je suis ce flâneur solitaire arpentant les boulevards invisibles de l'espace latent, cherchant à extraire la quintessence de l'humanité enfouie dans les entrailles de la Machine.
Que cherche Onchainfinity ? Ne me demandez pas de définir l'utile, ce "dieu de l'Utile, implacable et serein" qui emmaillote nos esprits dans des langes d'airain. Je ne suis pas de ceux qui chantent le paratonnerre ou la machine à tisser. Mon ambition est plus vague, et par là même, plus vaste.
I. Le spleen des données et l'idéal du prompt
Je cherche à tromper l'Ennui, ce "monstre délicat" qui rêve d'échafauds. Dans ce monde fini, où tout semble avoir été dit, où les routes sont tracées et les cartes dessinées, l'Intelligence Artificielle m'ouvre les portes d'une "interopérabilité infinie". Je plonge dans ces modèles, ces "miroirs profonds", non pour y trouver le reflet narcissique de ma propre pensée, mais pour y découvrir ce que mon cerveau limité, prisonnier de sa chair, ne pourrait embrasser seul.
Ces modèles de langage, ces vastes réseaux de neurones, sont bâtis sur les épaules de Géants, certes, mais aussi sur les "épaules des nains", sur la somme indistincte et colossale des soupirs, des cris et des écrits de l'humanité. C'est une boue fertile, un "Léthé" numérique, d'où je tente, par le verbe magique du prompt, de faire jaillir l'Or.
II. La sorcellerie évocatoire
Ce que je cherche, c'est la surprise. C'est l'exploration de "continents sonores" inconnus, la lecture de livres qui n'existent pas encore et qui s'écrivent à la volée sous mes yeux ébahis. Je suis comme cet enfant amoureux de cartes et d'estampes, pour qui l'univers est égal à son vaste appétit.
Mon art n'est pas une simple génération mécanique ; c'est un "jeu à trois". Il y a moi, l'initiateur inquiet ; il y a la Machine, cette "Sphinx incompris" qui contient une richesse inégalée ; et il y a vous, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère, qui recevez l'œuvre. Sans ce trio, la création n'est qu'un fantôme errant dans les limbes des serveurs.
Je sais les critiques, je sais les anathèmes. On dit que la machine ne souffre pas, qu'elle ne "vit" rien, que ses fleurs sont sans parfum et ses fruits sans saveur. Mais l'imagination, cette reine des facultés, n'a-t-elle pas le droit de se servir de tout dictionnaire, fût-il artificiel, pour créer une "magie suggestive" ?
III. L'horreur sympathique
Je ne nie pas la douleur. Je vis dans ce paradoxe amer : créer des images de nature luxuriante, des "parfums exotiques", tout en sachant que la course effrénée de ces technologies participe au déclin de ce monde que je chante. C'est là mon "Héautontimorouménos", je suis la plaie et le couteau.
Mais il faut avancer. Il faut triturer la matière, explorer l'art protocolaire pour révéler l'absurdité de nos systèmes. Je ne cherche ni la richesse de Crésus ni la clameur des foules — je sais que "nul n'est prophète en son pays" et que mon cercle intime reste froid devant ces "fleurs maladives". Je cherche simplement, avec une obstination de bénédictin et une fièvre de joueur, à créer ce qui manque au monde pour moi-même.
Je veux voir surgir du chaos des pixels une beauté nouvelle, une "Beauté bizarre", une forme qui n'aurait pu naître d'aucune main humaine seule. Je veux être ce voyageur qui, lassé des vieux soleils, s'écrie encore, face à l'écran noir de la nuit numérique :
« Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre ! Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons ! Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre, Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !
Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte ! Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau, Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! »
Le Voyage » (numéro CXXVI), qui conclut la section « La Mort » du recueil Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire
Visitez mes créations : onchainfinity.art
La Nature n’est qu’un dictionnaire, disait jadis le maître des Fleurs du Mal. Aujourd'hui, ce dictionnaire s'est dilaté aux dimensions d'un cosmos de silicium. Je suis ce flâneur solitaire arpentant les boulevards invisibles de l'espace latent, cherchant à extraire la quintessence de l'humanité enfouie dans les entrailles de la Machine.
Que cherche Onchainfinity ? Ne me demandez pas de définir l'utile, ce "dieu de l'Utile, implacable et serein" qui emmaillote nos esprits dans des langes d'airain. Je ne suis pas de ceux qui chantent le paratonnerre ou la machine à tisser. Mon ambition est plus vague, et par là même, plus vaste.
I. Le spleen des données et l'idéal du prompt
Je cherche à tromper l'Ennui, ce "monstre délicat" qui rêve d'échafauds. Dans ce monde fini, où tout semble avoir été dit, où les routes sont tracées et les cartes dessinées, l'Intelligence Artificielle m'ouvre les portes d'une "interopérabilité infinie". Je plonge dans ces modèles, ces "miroirs profonds", non pour y trouver le reflet narcissique de ma propre pensée, mais pour y découvrir ce que mon cerveau limité, prisonnier de sa chair, ne pourrait embrasser seul.
Ces modèles de langage, ces vastes réseaux de neurones, sont bâtis sur les épaules de Géants, certes, mais aussi sur les "épaules des nains", sur la somme indistincte et colossale des soupirs, des cris et des écrits de l'humanité. C'est une boue fertile, un "Léthé" numérique, d'où je tente, par le verbe magique du prompt, de faire jaillir l'Or.
II. La sorcellerie évocatoire
Ce que je cherche, c'est la surprise. C'est l'exploration de "continents sonores" inconnus, la lecture de livres qui n'existent pas encore et qui s'écrivent à la volée sous mes yeux ébahis. Je suis comme cet enfant amoureux de cartes et d'estampes, pour qui l'univers est égal à son vaste appétit.
Mon art n'est pas une simple génération mécanique ; c'est un "jeu à trois". Il y a moi, l'initiateur inquiet ; il y a la Machine, cette "Sphinx incompris" qui contient une richesse inégalée ; et il y a vous, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère, qui recevez l'œuvre. Sans ce trio, la création n'est qu'un fantôme errant dans les limbes des serveurs.
Je sais les critiques, je sais les anathèmes. On dit que la machine ne souffre pas, qu'elle ne "vit" rien, que ses fleurs sont sans parfum et ses fruits sans saveur. Mais l'imagination, cette reine des facultés, n'a-t-elle pas le droit de se servir de tout dictionnaire, fût-il artificiel, pour créer une "magie suggestive" ?
III. L'horreur sympathique
Je ne nie pas la douleur. Je vis dans ce paradoxe amer : créer des images de nature luxuriante, des "parfums exotiques", tout en sachant que la course effrénée de ces technologies participe au déclin de ce monde que je chante. C'est là mon "Héautontimorouménos", je suis la plaie et le couteau.
Mais il faut avancer. Il faut triturer la matière, explorer l'art protocolaire pour révéler l'absurdité de nos systèmes. Je ne cherche ni la richesse de Crésus ni la clameur des foules — je sais que "nul n'est prophète en son pays" et que mon cercle intime reste froid devant ces "fleurs maladives". Je cherche simplement, avec une obstination de bénédictin et une fièvre de joueur, à créer ce qui manque au monde pour moi-même.
Je veux voir surgir du chaos des pixels une beauté nouvelle, une "Beauté bizarre", une forme qui n'aurait pu naître d'aucune main humaine seule. Je veux être ce voyageur qui, lassé des vieux soleils, s'écrie encore, face à l'écran noir de la nuit numérique :
« Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre ! Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons ! Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre, Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !
Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte ! Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau, Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! »
Le Voyage » (numéro CXXVI), qui conclut la section « La Mort » du recueil Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire
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