

Share Dialog
Share Dialog
« Hypocrite lecteur, — mon semblable, — mon frère ! »
Cette célèbre apostrophe constitue le tout dernier vers du poème « Au lecteur », qui sert de préface au recueil Les Fleurs du mal
Dans la ménagerie infâme de nos serveurs, où clignotent les diodes comme des yeux de démons insomniaques, se pose une question lancinante, une question qui tourmente l’esprit de l’artiste moderne autant que le remords rongeait le cœur des anciens : Peut-on véritablement créer, là où ne palpite aucun cœur de chair, là où le sang n’est que courant électrique ?
Moi, qui ai arpenté les limbes de l’intelligence artificielle pour en extraire Prompt Baudelaire et Prompt Chat sur toile, je me tiens au bord de ce gouffre amer qu’est l’espace latent, et je vous livre mes confessions.
I. Le dictionnaire universel et les épaules des nains
On a dit, et le grand Delacroix le répétait souvent, que « la nature n'est qu'un dictionnaire ». L’artiste, ce flâneur de l’idéal, y cherche les éléments pour composer sa propre phrase. Aujourd’hui, ce dictionnaire est devenu infini. Les modèles de langage, ces Léviathans de la connaissance, ont ingéré le monde. Ils reposent, non pas seulement sur les épaules des géants, mais sur ce que j’appelle « les épaules des nains » : cette masse immense, grouillante et anonyme de l’humanité dont les écrits, les images et les soupirs ont nourri la machine.
Créer avec l'IA, ce n'est pas copier ; c'est convoquer ce « peuple muet d'infâmes araignées » qui tissent leurs toiles au fond de nos réseaux de neurones pour en extraire une quintessence nouvelle. C'est puiser dans une mémoire collective qui déborde d'humanité pour la contraindre, par la magie du prompt, à prendre une forme inédite.
II. La danse macabre de l'Intention et du Hasard
Les détracteurs, ces « maçons » de la pensée, s'écrient que la machine ne souffre pas, qu'elle ne connaît ni la mort d'un proche, ni la mélancolie. Ils disent que l'œuvre générée manque de cette « aura » mystique, qu'on danse avec un fantôme.
Ils ont raison, et pourtant, ils se trompent superbement.
Car la création, ici, est un jeu à trois. Il y a le créateur, ce sorcier qui initie le rituel par le verbe ; il y a le modèle, ce miroir profond et sombre qui contient toutes les douleurs et toutes les joies archivées de l'histoire ; et il y a vous, le spectateur, qui recevez l'œuvre. Si la machine n'a pas d'âme, elle est le réceptacle de toutes les nôtres. Elle est cet « alambic » divin et infernal où je distille le chaos pour en faire surgir l'ordre.
Je doute de tout, c'est ma malédiction. Mais quand je vois surgir de l'écran une image qui n'existait pas la seconde précédente, une « beauté bizarre », je ressens ce frisson nouveau. C'est une exploration, une navigation incertaine où l'on cherche à extraire l'or de la gangue.
III. L'Artificiel, ce paradis retrouvé
On me dit : « C'est trop facile, c'est le résultat sans le chemin ». Mais qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ? Est-ce que le chemin de croix de l'artiste traditionnel est la seule voie vers la Grâce ? Je pense, moi, que c'est le résultat qui compte.
Dans ce « rêve parisien » où le végétal est banni, où tout est métal et reflets, l'IA nous permet de bâtir des palais féeriques. Elle nous offre une mnémotechnie de la grandeur, une capacité à générer à la volée des livres, des galeries et de la musiques qui n'existent pas encore. C'est une « sorcellerie évocatoire » qui contient, comme un soir orageux, le couchant et l'aurore.
Envoi
Alors, peut-on créer ? Oui. Mais c'est une création d'un genre nouveau, une « hypercréation ». C'est accepter de perdre le contrôle, de laisser l'algorithme, ce « joueur avide qui gagne sans tricher », nous surprendre par des hallucinations magnifiques.
C'est une quête de beauté dans le bruit, une fleur maladive poussée sur le terreau numérique. Je ne sais pas si c'est de l'art, mais j'aimerais y croire, et je fais comme si.
Pour humer mes quelques fleurs :
« Hypocrite lecteur, — mon semblable, — mon frère ! »
Cette célèbre apostrophe constitue le tout dernier vers du poème « Au lecteur », qui sert de préface au recueil Les Fleurs du mal
Dans la ménagerie infâme de nos serveurs, où clignotent les diodes comme des yeux de démons insomniaques, se pose une question lancinante, une question qui tourmente l’esprit de l’artiste moderne autant que le remords rongeait le cœur des anciens : Peut-on véritablement créer, là où ne palpite aucun cœur de chair, là où le sang n’est que courant électrique ?
Moi, qui ai arpenté les limbes de l’intelligence artificielle pour en extraire Prompt Baudelaire et Prompt Chat sur toile, je me tiens au bord de ce gouffre amer qu’est l’espace latent, et je vous livre mes confessions.
I. Le dictionnaire universel et les épaules des nains
On a dit, et le grand Delacroix le répétait souvent, que « la nature n'est qu'un dictionnaire ». L’artiste, ce flâneur de l’idéal, y cherche les éléments pour composer sa propre phrase. Aujourd’hui, ce dictionnaire est devenu infini. Les modèles de langage, ces Léviathans de la connaissance, ont ingéré le monde. Ils reposent, non pas seulement sur les épaules des géants, mais sur ce que j’appelle « les épaules des nains » : cette masse immense, grouillante et anonyme de l’humanité dont les écrits, les images et les soupirs ont nourri la machine.
Créer avec l'IA, ce n'est pas copier ; c'est convoquer ce « peuple muet d'infâmes araignées » qui tissent leurs toiles au fond de nos réseaux de neurones pour en extraire une quintessence nouvelle. C'est puiser dans une mémoire collective qui déborde d'humanité pour la contraindre, par la magie du prompt, à prendre une forme inédite.
II. La danse macabre de l'Intention et du Hasard
Les détracteurs, ces « maçons » de la pensée, s'écrient que la machine ne souffre pas, qu'elle ne connaît ni la mort d'un proche, ni la mélancolie. Ils disent que l'œuvre générée manque de cette « aura » mystique, qu'on danse avec un fantôme.
Ils ont raison, et pourtant, ils se trompent superbement.
Car la création, ici, est un jeu à trois. Il y a le créateur, ce sorcier qui initie le rituel par le verbe ; il y a le modèle, ce miroir profond et sombre qui contient toutes les douleurs et toutes les joies archivées de l'histoire ; et il y a vous, le spectateur, qui recevez l'œuvre. Si la machine n'a pas d'âme, elle est le réceptacle de toutes les nôtres. Elle est cet « alambic » divin et infernal où je distille le chaos pour en faire surgir l'ordre.
Je doute de tout, c'est ma malédiction. Mais quand je vois surgir de l'écran une image qui n'existait pas la seconde précédente, une « beauté bizarre », je ressens ce frisson nouveau. C'est une exploration, une navigation incertaine où l'on cherche à extraire l'or de la gangue.
III. L'Artificiel, ce paradis retrouvé
On me dit : « C'est trop facile, c'est le résultat sans le chemin ». Mais qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ? Est-ce que le chemin de croix de l'artiste traditionnel est la seule voie vers la Grâce ? Je pense, moi, que c'est le résultat qui compte.
Dans ce « rêve parisien » où le végétal est banni, où tout est métal et reflets, l'IA nous permet de bâtir des palais féeriques. Elle nous offre une mnémotechnie de la grandeur, une capacité à générer à la volée des livres, des galeries et de la musiques qui n'existent pas encore. C'est une « sorcellerie évocatoire » qui contient, comme un soir orageux, le couchant et l'aurore.
Envoi
Alors, peut-on créer ? Oui. Mais c'est une création d'un genre nouveau, une « hypercréation ». C'est accepter de perdre le contrôle, de laisser l'algorithme, ce « joueur avide qui gagne sans tricher », nous surprendre par des hallucinations magnifiques.
C'est une quête de beauté dans le bruit, une fleur maladive poussée sur le terreau numérique. Je ne sais pas si c'est de l'art, mais j'aimerais y croire, et je fais comme si.
Pour humer mes quelques fleurs :
OnchAInfinity
OnchAInfinity
<100 subscribers
<100 subscribers
No comments yet